Barrage de la Renaissance : vers « une solution africaine » sous l’égide de Félix Tshisekedi

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Le Chef de l’État de la République démocratique du Congo (RDC) par ailleurs président en exercice de l’Union africaine (UA) est arrivé en Éthiopie dans le cadre de sa tournée relative au dossier du Barrage de la Renaissance Éthiopienne, entrepris par Addis-Abeba sur Nil.

Après avoir rencontré ses homologues soudanais et égyptien, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de facilitateur dans ledit dossier, va s’entretenir avec Madame Saleh-Work Zewdie, Présidente de la République Fédérale d’Éthiopie et Monsieur Abiy Ahmed, Premier Ministre.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a évoqué sur son compte Twitter officiel les récents développements liés aux négociations sur le barrage de la Grande Renaissance éthiopienne entre l’Égypte et le Soudan, et a affirmé que son pays restait engagé dans les négociations menées par l’Union africaine. « J’ai le plaisir d’accueillir le président Felix Tshisekedi en Éthiopie. J’apprécie grandement le rôle positif qu’il joue dans l’obtention de résultats positifs dans les négociations GERD. L’Éthiopie reste engagée dans le processus mené par l’UA pour un accord qui fonctionne pour tous », a-t-il écrit.

En Ethiopie, mardi 11 mai 2021, le facilitateur congolais a prôné une solution africaine au dossier du grand barrage de la Renaissance. Samedi 8 mai dernier à Khartoum, la capitale du Soudan, il a échangé avec les dirigeants politiques de ce pays, Abdel Fattah al-Burhane, le président du Conseil souverain de la transition politique, le Premier ministre Abdallah Hamdok ou encore la cheffe de la diplomatie, Mariam al-mahdi.

Au regard des succès ayant sanctionné les séances de travail à Khartoum et au Caire, et de la rencontre tripartite de Kinshasa, il sied d’espérer une issue favorable à une solution concertée prenant en compte les intérêts de chacun des trois États concernés.       

Dans le même sillage, les 3 et 6 avril 2021, la réunion de Kinshasa, sur le même sujet avait accouché d’une souris. Une rencontre à laquelle avait pris part l’ambassadeur des États-Unis, Mike Hammer. Les négociations qualifiées de la « dernière chance », n’avaient finalement pas abouti à une sortie de crise, ce qui expliquerait cette tournée du président congolais, déterminé à trouver une « solution africaine ».

Présenté comme le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique, le Barrage de Renaissance fait  l’objet de quelques controverses entre l’Égypte, le Soudan  et l’Éthiopie, son concepteur. La réunion tripartite de Kinshasa, organisée sous le leadership du Président Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a permis le maintien du dialogue entre les 3 voisins, mais sans aucune avancée.

Rappelonsqu’avant, Kinshasa, Félix Tshisekedi était en Égypte fin janvier 2021, puis en Éthiopie début février, avant de prendre la présidence de l’UA. Le 11 mars de l’année en cours, il s’était entretenu durant une heure par téléphone avec son homologue Abdel Fattah Al-Sissi. Le président égyptien, dans son ambition de trouver une sortie à l’impasse, se heurte à la réticence de l’Ethiopie, qui voit d’un mauvais œil, la trop grande proximité entre la RDC et l’Égypte. De ce fait, la rencontre dans la capitale Addis-Abeba devrait sans doute repousser l’explosion des tensions entre les protagonistes mais n’apportera pas une solution tangible au dossier.

Le GERD est une source de tensions entre les trois pays depuis la pose de la première pierre en avril 2011. Ce méga-barrage est construit dans le Nord-Ouest de l’Éthiopie, près de la frontière avec le Soudan, sur le Nil bleu qui rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil. Il pourrait devenir le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique avec une capacité annoncée de près de 6 500 mégawatts. Addis-Abeba a annoncé en 2020 que la première phase des opérations de remplissage avait été menée au mois d’août.

L’Éthiopie affirme que l’énergie hydroélectrique produite par le barrage est vitale pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d’habitants. L’Égypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, considère le barrage éthiopien comme une menace pour son approvisionnement en eau. Le Soudan quant à lui craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l’Ethiopie procède au remplissage complet du GERD avant qu’un accord ne soit conclu.

Moctar FICOU / VivAfrik

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