La FAO plaide pour l’intégration de la biodiversité et la gestion rationnelle des pesticides dans l’agriculture

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La mise en œuvre des accords multilatéraux sur l’environnement a obligé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à plaider pour l’intégration de la biodiversité et la gestion rationnelle des pesticides dans l’agriculture.

De nombreux éléments clés de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture sont en déclin. Cette tendance est due à de nombreux facteurs, tels que les changements d’utilisation des terres et de l’eau, la surexploitation, le changement climatique et la pollution, y compris la pollution agrochimique. Une application inappropriée de pesticides constitue une menace grave pour les organismes vivant dans les écosystèmes terrestres et aquatiques, y compris les insectes utiles dans les champs agricoles, tels que les pollinisateurs et les ennemis naturels des organismes nuisibles.

Rappelons que la biodiversité est la base de l’agriculture. Elle comprend toutes les plantes et tous les animaux qui fournissent de la nourriture, des aliments pour animaux, du carburant et des fibres, ainsi que les organismes beaucoup moins visibles, tels que les champignons, les bactéries et les insectes essentiels au maintien des systèmes de production agricole.

Pour relever les défis cités plus haut, les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) participent à des Accords multilatéraux sur l’environnement (AME), pertinents pour une gestion rationnelle des pesticides et de la biodiversité.

Financée par l’Union européenne, la troisième phase du programme de renforcement des capacités lié aux AME dans les pays ACP, connue sous le nom d’AME ACP 3, renforce les capacités institutionnelles et techniques pour faciliter et améliorer la mise en œuvre effective de ces accords juridiquement contraignants qui contribuent de manière significative à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) du Programme 2030 des Nations Unies.

« Le programme ACP AME 3 a pour objectif global de promouvoir la durabilité environnementale dans les pays ACP en renforçant la gouvernance environnementale et la mise en œuvre des AME », a clarifié la FAO qui multiplie les initiatives de renforcement des capacités.

Dans cette troisième phase, le programme poursuivra ses efforts d’amélioration et de gestion des pesticides appliqués dans la production agricole. Il soutiendra pays à développer un environnement institutionnel et politique propice à l’utilisation durable et conservation de la biodiversité dans l’agriculture. L’AME ACP 3 facilitera également la transition vers plus des systèmes plus durables, résilients et productifs en encourageant l’application de pratiques et d’approches écologiquement durables.

Selon la FAO, l’atteinte de l’objectif global du programme ACP AME 3 passe nécessairement par le renforcement du respect et l’application des AME relatifs à la biodiversité et aux produits chimiques et déchets dangereux ; l’intégration de la biodiversité et la gestion rationnelle des produits chimiques et des déchets dans les politiques et programmes agricoles ; le renforcement des services de vulgarisation pour améliorer et étendre l’application des pratiques et approches écosystémiques sur le terrain ; aider les agriculteurs à passer des systèmes de production agricoles plus durables et plus résiliant sur le plan environnemental ; l’amélioration de la collaboration régionale et la diffusion des meilleures politiques et pratiques dans les pays ACP et par le renforcement des synergies et une collaboration accrue entre la Convention sur diversité biologique (CBD) et les conventions sur les  produit chimique pour accroître leur efficacité.

L’AME ACP 3 contribuera de manière significative à la mise en œuvre du cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 qui devrait être adopté par la quinzième réunion de la Conférence des Parties à la Convention (COP 15) sur la diversité biologique en 2021.

La 15ème conférence des parties à la convention sur la diversité biologique devrait finalement avoir lieu du 11 au 24 octobre 2021. Il s’agit du deuxième report de cette conférence internationale en raison de la pandémie du Covid-19. Elle devait initialement se tenir en octobre 2020, puis en mai 2021. Le lieu reste en revanche inchangé : la ville de Kunming en Chine.

Moctar FICOU / VivAfrik                      

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