Madagascar travaille d’arrache-pied pour une gestion plus transparente et plus durable de la pêche

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La ministre malgache de l’Environnement et du développement durable a profité de la cérémonie de célébration de la Journée mondiale des océans pour appeler, mardi 8 juin 2021, au respect et à la protection de l’océan qui entoure la Grande île afin de permettre à la population de bénéficier des retombées économiques procurées par l’espace maritime.

En ligne de mire, selon Baomiavotse Vahinala Raharinirina, est d’avancer vers une gestion plus transparente et plus durable de la pêche pour le pays. Mieux, Madagascar poursuit les efforts visant à asseoir une gestion plus transparente et plus durable des pêches. Cette gestion, basée sur des informations solides et transparentes, est essentielle pour protéger la riche biodiversité et la sécurité alimentaire du pays et entend garantir des pêcheries durables et équitables qui bénéficient à tous les acteurs et à l’économie de Madagascar.

Rappelons que l’ouverture de la campagne annuelle de pêche crevettière a vu la mise en application du nouveau plan stratégique pour la pêche annoncé le 25 septembre 2020 par le gouvernement de Malgache, dans le cadre du Plan Emergence de Madagascar. Le plan d’action, soutenu par le projet SWIOFish2 de la Banque mondiale, se focalise sur la durabilité des ressources marines et des revenus de la pêche pour le pays.

M. Raharinirina s’exprimait à l’occasion de la journée internationale de l’océan, célébrée le 8 juin 2021 et dont le slogan choisi est : « l’océan : vie et moyens de subsistance ». Pour l’occasion, plusieurs évènements comme des concours et des quizz ont été organisés par les associations œuvrant dans la protection des ressources maritimes en vue de faire connaître les espèces marines vivant au large de Madagascar.

« En tant qu’île, Madagascar est largement avantagé en ayant à sa disposition 5 600 km de littoral et figure parmi les pays qui disposent d’une grande surface maritime, laquelle s’étend sur 1 140 000 km2. Un espace que nous pouvons gérer et exploiter souverainement », a souligné la ministre de l’Environnement.

Suffisant pour l’Etat malgache d’octroyer 47 droits d’exploitation de cinq ans maximum à des sociétés de pêche industrielle crevettière, selon des conditions financières plus justes pour le pays. « Les navires vont travailler chacun dans des zones de pêche définies préalablement. Durant les premiers mois d’ouverture, la pêche de nuit est interdite afin de limiter la pression sur les ressources », a-t-il souligné précisant que le débarquement obligatoire des captures dans les ports de Madagascar doit permettre suivi et contrôle.

Le responsable a aussi fait part de la « délimitation de zones de pêche exclusives pour la petite pêche et pour la pêche industrielle » afin de garantir un accès juste et équitable aux ressources marines. Jusqu’à présent, ils se partageaient de nombreuses zones de pêche, une situation inhabituelle par rapport au reste de l’Afrique et du monde, à laquelle chacun voulait mettre fin.

« Dans le cadre d’une gestion transparente des ressources crevettières pour une  exploitation  durable, 14 milliards d’ariary (3,1 millions €) seront versés aux caisses de l’État – au lieu de 2 milliards d’ariary auparavant », a-t-il renchéri dans des propos relayés par blueventures.org. Des données transparentes et accessibles sur la pêche sont essentielles pour informer une gestion durable des ressources, renforcer l’économie bleue nationale et lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, l’un des axes prioritaires du plan d’action.

Or, ajoutent nos confrères de blueventures.org, des informations basiques restent souvent hors du domaine public, notamment les conditions liées aux autorisations de pêche, les accords de pêche ainsi que tous les flux économiques découlant de ces derniers. MIHARI, le réseau des Aires Marines Gérées Localement à Madagascar (AMGL), a ainsi rappelé que les petits pêcheurs devraient « avoir accès aux dossiers des sociétés de pêche industrielles retenus, pour s’assurer de la conformité entre les critères de sélection et les sociétés choisies ».  

Le média en ligne informe en outre que la politique de pêche durable de Madagascar doit être soutenue par des systèmes clairs et transparents, impliquant la coopération de toutes les parties prenantes. Pour cela, le ministère en charge de la pêche voit d’un œil favorable des approches comme celle de Fisheries Transparency Initiative (FiTI). Le FiTI est une initiative volontaire impliquant gouvernement, professionnels de la pêche et société civile. Elle vise à renforcer progressivement les systèmes d’information publics existants grâce à une norme internationalement reconnue en matière de bonnes pratiques.

Moctar FICOU / VivAfrik

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