Journée mondiale contre la faim : l’insécurité alimentaire aiguë, l’alerte rouge

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En 2020, sous l’effet des conflits, des crises économiques exacerbées par la pandémie de Covid-19 et des événements climatiques, l’insécurité alimentaire aiguë a encore progressé. Le Réseau mondial contre les crises alimentaires prédit ainsi une année 2021 « difficile ». La lutte contre la faim est encore aujourd’hui une préoccupation quotidienne dans de nombreux pays, à travers le monde. Le 15 juin est l’occasion de l’évoquer.

Les chiffres de la faim dans le monde atteignent des niveaux sans précédent, sous l’impact délétère de systèmes agroalimentaires obsolètes, dénoncés depuis des années, et désormais amplifiés par la crise du Covid-19.

Chaque année, 150 pays participent à la célébration de la Journée mondiale contre la faim le 15 juin dont le but est de réveiller les consciences et de faire en sorte que l’on vive dans « un monde où chaque enfant mange à sa faim ».

La journée mondiale de l’alimentation commémore la création de la Food and Agriculture Organization (Ndlr : Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en français). C’était le 16 octobre 1945. Cette organisation dépendante des Nations unies en charge des questions de l’alimentation et de nourriture voyait le jour.

Dans le monde depuis 2017, selon les chiffres des Nations unies, on recense plus de 820 millions d’hommes, femmes et enfants qui ne mangeraient pas à leur faim, on parle alors de « sous-alimentation chronique ».

Sous ce rapport, les fonctionnaires internationaux se disent « choqués » par la permanence, à un niveau « inacceptable », de la malnutrition dans le monde.

Et ce sont les enfants qui en sont les premières victimes : en 2016, la malnutrition est la cause de près de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans, ce qui correspond à 3,1 millions d’enfants décédés chaque année.

Début mai 2021, un cran était pourtant franchi lors de la présentation, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’état des crises alimentaires dans le monde : en 2020, on a recensé 820 millions de personnes en situation de « faim chronique », une hausse de 130 millions en un an. À cet indicateur révélateur de la faillite structurelle des systèmes alimentaires se superpose celui des crises ponctuelles de « faim aiguë » : elle a affecté 155 millions de personnes dans 55 pays, soit 20 millions de plus qu’en 2019.

En cause, les conflits (pour les deux tiers), des chocs économiques ou des conditions climatiques extrêmes. « La pandémie de Covid-19 a amplifié tous les facteurs d’insécurité alimentaire, frappant de plein fouet les communautés les plus vulnérables, s’est alarmé Janez Lenarčič, commissaire européen à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises. » Et tout laisse à penser que 2021 sera pire encore. « D’autant qu’avant la crise sanitaire, nous n’étions déjà pas en voie de résoudre les problèmes de la faim, de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition », a pour sa part martelé Máximo Torero, économiste en chef de la FAO.

De son côté, l’ONU a expliqué que « les conflits, les phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique et la récession figurent parmi les facteurs clés de la récente recrudescence de la faim, ce sont les principales causes des graves crises alimentaires ».

Moctar FICOU / VivAfrik                

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