L’Etat malien subventionne les intrants agricoles à hauteur de 15 milliards de FCFA

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Les autorités maliennes ont décidé de voler au secours des paysans. Suffisant pour l’Etat de décider à subventionner l’engrais à hauteur de 15 milliards de FCFA pour soutenir la campagne agricole en cours. C’est du moins ce qu’a affirmé, mardi 6 juillet 2021 le directeur national de l’Agriculture, Oumar Tamboura qui faisait face à la presse.

Cette conférence de presse portant sur la subvention des intrants agricoles cette année pour booster la campagne agricole est animée par les directeurs nationaux de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche ainsi que le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM).

Pour la campagne agricole 2020-21, l’objectif de production est de 11,2 millions de tonnes de céréales et 820 000 tonnes de coton. Pour l’atteinte de cet objectif, l’enveloppe allouée à la subvention des intrants agricoles est en augmentation.

Une subvention qui va servir en partie à l’achat des engrais pour le coton, le riz, le maïs… Trois milliards serviront à l’achat de l’embouche bovine pour le sous-secteur de la production animale et celui de la pêche.

Cet appui était un effort des autorités de la transition, malgré le contexte difficile, a clarifié M. Tamboura.

« La décision a été validée par le conseil supérieur de l’Agriculture. Elle concerne essentiellement les engrais et les semences du maïs hybride », a-t-il poursuivi non sans préciser que seuls les engrais minéraux et organiques sont concernés par la mesure.

« Il y a urgence », a ajouté le directeur national de l’Agriculture. Comme l’année dernière, la période pré-campagne agricole a été marquée cette année aussi par l’absence de gouvernement notamment au mois de Mai. « C’est en ce moment crucial que des décisions importantes doivent être prises », a-t-il. Résultat : les engrais sont acheminés aux paysans en pleine saison agricole.

La recherche et la distribution des intrants en pleine campagne agricole ne sont pas tenables. « Il faut que les intrants soient disponibles au Mali et acheminés dans différentes localités bien avant le début de la saison », a affirmé Youba Sylla, président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (APCAM).

Pour lui, l’objectif de la décision est de permettre aux producteurs d’obtenir les intrants agricoles à moindre coût surtout que les prix des engrains sur le marché international sont très élevés à cause de la crise sanitaire. Aussi vise-t-elle à faciliter l’atteinte des objectifs du département de l’Agriculture pour garantir à notre pays l’autosuffisance alimentaire.

« Le prix subventionné pour le sac de 50 kg d’engrais est fixé à 11 000 FCFA. Sans la subvention, le prix du sac varie entre 19 800 et 23 000 FCFA. L’engrais est disponible sur le marché, mais sans la subvention, le prix n’est pas à la portée de tout le monde », a affirmé le directeur national de l’agriculture.

« Tous les engrais sur le marché ne sont pas subventionnés », a indiqué avec insistance le directeur national de l’Agriculture. Outre la subvention, le ministre du Développement rural a décidé de la libéralisation du secteur en vue de faciliter l’accès des producteurs aux engrains agricoles. Et le besoin exprimé à cet effet a été évalué à 254 000 tonnes suivant le résultat d’un rapport d’évaluation.

« Tout fournisseur peut délivrer les engrains subventionnés à n’importe quel producteur. De même, le producteur est libre de s’approvisionner auprès du fournisseur de son choix contrairement aux années précédentes », a relevé Oumar Tamboura.

Pour lui, la réception et la gestion des engrains sont confiées à une commission locale regroupant des représentants des acteurs. Toutefois, il souligne que conformément à la décision fixant la gestion des engrains subventionnés, seuls les producteurs munis de leur document d’enregistrement peuvent en bénéficier.

Pour une meilleure transparence dans la distribution des intrants au Mali, le président de l’APCAM demande l’attribution d’un numérique unique d’identification à chaque paysan malien. « On saura en ce moment, qui a pris quoi ? Quelle quantité ? Et qui doit être subventionné ? »

Moctar FICOU / VivAfrik

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