La FAO alerte sur l’épidémie de faim dans le monde

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L’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a indiqué que la pandémie de Covid-19 a contribué à une envolée du nombre de personnes confrontées à la faim et aura des effets à long terme sur la sécurité alimentaire mondiale. Cette situation résulte des conséquences de la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19 et a contribué à augmenter de 18% en un an la faim dans le monde.

« En 2020, entre 720 et 811 millions de personnes dans le monde ont été confrontées à la faim, soit environ 118 millions de personnes de plus qu’en 2019 ». C’est ce qu’a rapporté la FAO dans un document publié lundi 12 juillet 2021 avec le concours du Fonds international pour le développement de l’agriculture, du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation mondiale de la santé.

Les Programme alimentaire mondial note que les mesures prises contre la pandémie ont poussé « des millions de personnes dans le chômage et la pauvreté », « laissant les gouvernements et les donateurs avec moins de ressources pour répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels des plus vulnérables ». « Malheureusement, au moment où une famine est déclarée, il est déjà trop tard. Des milliers de personnes meurent déjà de faim », s’est désolé le PAM.

Plus de la moitié des personnes sous-alimentées vivent en Asie, plus du tiers en Afrique et 8% en Amérique latine. Le rapport explique que 149 millions d’enfants de moins de cinq ans sont affectés par un retard de croissance et des problèmes de développement cognitif en raison de la malnutrition.

En outre, le PAM estime que 41 millions de personnes sont au bord de la famine dans 43 pays, dont l’Afghanistan, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, l’Éthiopie, Haïti, le Honduras, le Soudan du Sud, le Soudan, l’Ouganda, le Venezuela, le Yémen et le Zimbabwe.

Dans certains pays, les restrictions de déplacement ont  empêché les petits agriculteurs d’écouler leur production sur les marchés, les privant ainsi de revenus. Dans les villes, il y a eu des problèmes d’approvisionnement, ce qui a fait exploser les prix. 

Avec la pandémie, l’objectif de l’ONU d’éradiquer la faim dans le monde d’ici à 2030 s’éloigne dangereusement.

Pire, selon les projections, quelque « 660 millions de personnes environ pourraient connaître la faim en 2030, en partie à cause des effets à long terme de la pandémie de Covid-19 sur la sécurité alimentaire mondiale – soit 30 millions de plus que dans un scénario où il n’y aurait pas eu de pandémie ».

Loin d’avoir fait disparaitre les effets du réchauffement climatique, la crise sanitaire les a au contraire exacerbé. Face à l’urgence, un sommet mondial sur les systèmes alimentaires aura lieu en septembre 2021 à New-York.

A cette occasion, « Action contre la Faim » appelle à « une refonte globale, radicale et juste des systèmes alimentaires en faveur de l’agroécologie paysanne ». « Il est primordial que les Etats amorcent dès maintenant des changements de fond à la hauteur de la situation et cessent d’abdiquer face aux géants de l’agro-industrie », estime l’ONG dans un communiqué.  

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec information.tv5monde.com

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