Les jeunes de la coopérative Laerc Coop-CA engagés aux côtés des Pygmées Bakas

0

« Graines d’espoir » s’intéresse à la vie des Pygmées Bakas de Lomié dans l’est du Cameroun. Ce peuple écologiquement vulnérable subit les ravages de la déforestation.                                 

L’exploitation du bois détruit l’environnement vital des Bakas qui sont obligés de migrer vers les villes. Ce changement n’est pas sans conséquences. La modernité à laquelle les Bakas font face est une menace réelle à leur existence. Face à cela, les jeunes de la coopérative Laerc Coop-CA ont décidé d’aider ce peuple afin de leur permettre de retrouver leur forêt.

Paul Nyabeme est le chef des Bakas dans la location de Lomié. Avec 150 autres pygmés Bakas, il a quitté sa forêt pour s’installer dans ce campement. Mais la vie à Lomié n’est pas aisée à cause de la marginalisation dont sont victimes ces populations, regrette Paul Nyabeme.

« Nous ne sommes pas à l’aise. Nous n’avons pas le terrain ici pour faire les champs. Les bantous nous refusent la terre et nos terres sont loin d’ici » explique-t-il.

Pour Irène, une Baka de 45 ans, le retour dans la forêt n’est plus envisageable.

« Je préfère rester ici parce-que tout a changé dans la forêt, il n’y a plus rien là-bas, tout a été détruit. Le miel qu’on consommait n’existe plus. Les plantes, les animaux, tout a disparu ».

De l’aide

Face à cette situation, un groupe de jeunes réunis autour de la coopérative Laerc Coop-CA a décidé de venir en aide aux Bakas en leur fournissant du matériel agricole composé de houes, de machettes, de sacs d’engrais mais aussi des pulvérisateurs et des moulins à écraser, afin que ceux-ci puissent retourner exploiter leurs terres.

Angeline Ebedomne est l’une des bénéficiaires de cette initiative.

« Je suis fière de recevoir ces dons pour la première fois. Maintenant je peux travailler comme je veux et je sais que mes produits vont être achetés depuis le village » se réjouit-elle.

Même si le retour n’est pas partagé par tous les Bakas, dont certains se sont habitués à leur nouveau mode de vie, certains au moins ont commencé à regagner leur forêt. Des campagnes de sensibilisation ont été conduites dans ce but par les jeunes de la coopérative Laerc Coop-CA.

Roosevelt Boliong, l’initiateur du projet, s’est fixé comme but de les aider à retrouver leur environnement vital.

« Sortis de leur forêt, les Bakas sont rejetés. Ils sont devenus des formes de mascottes pour des cérémonies. Nous avons décidé de les soutenir avec du matériel agricole et nous avons engagé des démarches auprès des autorités locales afin de les réinsérer dans leur milieu de vie naturel. Nous continuons d’appeler les ONG, les mécènes qui militent pour la protection des peuples autochtones à se joindre à nous », explique-t-il.

Une urgence

Henri Longo est encadreur des Bakas. Pour lui, il y a urgence car ce changement d’environnement a bouleversé le quotidien de ce peuple de la forêt.

« Ici ils consomment beaucoup de whisky et de bières. Leur organisme ne supporte pas cela et quand ils se saoulent, on assiste à des bagarres, ils deviennent violents à cause de l’alcool. Ils arrêtent de consommer leur miel au profit du whisky, ça les détruit ».

Si des actions concrètes ne sont pas menées pour stopper la déforestation et accompagner les Bakas dans ce processus de retour, il y a lieu de craindre que l’âme Baka et la forêt qui les a vu naître disparaissent à jamais. Mais l’espoir demeure.

dw.com

Laisser un commentaire