Incursion dans le domaine de la conservation du poisson dans l’Est de la RDC

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Beaucoup de problèmes secouent la conservation du poisson dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). La baisse des prises de poissons du lac Tanganyika au niveau de la ville de Kalémie n’est plus un secret de Polichinelle. En effet, l’économie de la pêche est confrontée à un autre problème : la conservation. Depuis 2 ans, la Banque mondiale finance le projet intégré de croissance agricole dans les Grands Lacs, pour un coût de 150 millions de dollars. Ce projet vise non seulement à accroître la production agricole dans les provinces du Sud-Kivu et du Tanganyika, mais également l’amélioration des techniques de conservation et de transformation des produits de la pêche dans cette région. Dans la province du Tanganyika par exemple, explique RFI, il n’existe pas de chaîne de froid pour conserver les poissons frais. Conséquence, les pêcheurs enregistrent une perte évaluée à 63% de la production, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Et les techniques de séchage et de fumage y sont encore traditionnelles.

À Kalemie, une ville riveraine du lac Tanganyika, la pêche est une des activités économiques principales. Deux types de poissons y sont essentiellement capturés en grande quantité, il s’agit du fretin et de celui-ci appelé localement Mukebuka. Seuls les moyens de conservation font défaut.

Selon le Professeur Jules Lwamba, ministre en charge de la Pêche dans la province du Tanganyika, « la mauvaise conservation commence déjà au niveau du lac. Je donne un exemple : un pêcheur va dans le lac, il fait sa première capture à 20 heures, il en sort le lendemain et il n’a aucun moyen de conserver le poisson. Et une fois qu’il l’amène sur le marché, il est déjà décomposé. Conséquence : il y a des pertes. Sur le plan du coût, c’est une perte qui avoisine les 2 millions de dollars rien que pour un seul port, celui de Kamkolobondo. C’est énorme ! »

Au port de Kamkolobondo justement, nos confrères de RFI ont rencontrons Patricia Kabwa, vendeuse de fretins. Elle vient d’acheter du fretin frais. Pour conserver sa marchandise, elle se sert de la plage pour les sécher aux rayons du soleil.

« Nous séchons les fretins comme ça sur le sable de la plage. Au cas où il n’y a pas assez de soleil, nous les laissons là, mêmes pendant 2 jours. Et lorsque les fretins sont secs, nous trions pour les séparer du sable. Mais si on les sèche sur du sable fin, on ne peut pas enlever tout le sable », a-t-elle confié.

En plus du séchage, les pêcheurs de Kalemie utilisent des petits fours traditionnels pour le fumage des poissons. Même les techniques de salage sont rudimentaires. Pour faire face à ces difficultés, ils bénéficient depuis un an d’un appui technique et financier de la Banque mondiale, à travers le projet intégré de croissance agricole dans les Grands lacs (PICAGL).

« Pour ce qui concerne le séchage, on a apporté le four Chorkor, qui permet de sécher le poisson ou de le fumer. Il y a aussi le salage par des moyens modernes. Et nous allons apporter la chaîne de froid. Il y a des congélateurs solaires, nous allons construire des chambres froides et il y a le volet fabrication de glaces », a expliqué Brigitte Kapinga, coordonnatrice du projet.

Pour l’heure, plus de 80 projets de coopératives de pêcheurs sur la conservation et la transformation des produits de pêche sont approuvés et attendent le décaissement des fonds, selon la responsable de PICAGL.

Moctar FICOU / VivAfrik

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