Le DG de la SODAGRI dédramatise le retard de la pluviométrie, les producteurs satisfaits de l’évolution des plants de riz

0

Le Sénégal a enregistré, cette année, un retard de la pluviométrie surtout dans le monde rural. Dans certaines zones, aucune précipitation n’est encore notée. Ce qui risque de créer des conséquences chez les paysans et autres producteurs. Sur ce point précis, la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) a dédramatisé ce retard des pluies. Selon ces techniciens du ministère de l’Agriculture, « les conditions pluviométriques actuelles sont favorables pour les opérations culturales ». Et ce n’est pas le directeur général de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal qui va les démentir. Alpha Bocar Baldé qui a visité, mardi 10 aout 2021, les rizières des différents secteurs des terres aménagées dans le bassin de l’Anambé (à cheval entre les départements de Kolda et de Vélingara) ainsi que les vallées et bas-fonds occupés par des riziculteurs tous aussi soutenus par la société d’appui-conseil aux producteurs est à l’instar de ces producteurs et techniciens est satisfait de l’évolution du riz qui est au stade de tallage.  

Les craintes des paysans du Sénégal en général, nées de la difficile installation des pluies pour cette saison, ne sont pas partagées par les producteurs du bassin rizicole de l’Anambé, à cheval entre les départements de Kolda et Vélingara. Producteurs de la vallée aménagée, ceux des bas-fonds et vallées non aménagées, techniciens et administratifs de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal ont donné des assurances sur le bon comportement du riz semé dans les périmètres aménagés comme dans les vallées et bas-fonds alentours.

Au cours de cette visite dans ces terres le directeur général de la Sodagri, Alpha Bocar Baldé, accompagné par le personnel d’encadrement technique sur le terrain et des producteurs a confié à Abdoulaye Kamara que « nous sommes satisfaits du bon comportement du riz dans les périmètres aménagés comme dans les vallées et bas-fonds. Malgré une installation difficile de l’hivernage, les producteurs ont pu anticiper pour semer. Vous voyez que les premiers semis portent jusqu’à 7 talles. C’est dire que ce sont des semis qui ont plus d’un mois. Espérons que l’hivernage va couvrir le mois d’octobre pour espérer avoir un bon rendement ! »

Le correspondant du journal lequotidien.sn a rappelé que les terres aménagées de cette vallée rizicole couvrent une superficie de 5 000 ha dont 1 200 sont en phase de réhabilitation, donc non accessibles et d’autres surfaces sont inexploitables. Ce qui donne une surface exploitable de 3 666 ha. Pour cette saison, 3 545 ha sont réellement exploités, selon un document fourni par la SODAGRI.

Le riz, céréale reine dans les vallées et bas-fonds

Depuis 2 ans, il y a un engouement réel des citoyens sénégalais pour la riziculture. Selon le directeur de la SODAGRI, c’est d’une part dû à l’accompagnement de l’Etat qui a augmenté le budget du ministère de l’Agriculture avec, conséquemment, ceux de ses différentes directions et programmes. En plus, la pandémie de la Covid-19 et ses conséquences économiques ont favorisé la création d’une nouvelle classe d’agriculteurs (de jeunes citadins et des paysans à col blanc). Conséquences, le périmètre aménagé n’ayant pas pu satisfaire la demande en emblavure, les candidats recalés se sont rués vers les bas-fonds et vallées. Ils ont aussi obtenu l’accompagnement de la SODAGRI. Le riz a remplacé dans ces terres les autres céréales et le manioc. Dans la vallée de Diaobé, grande de 413 ha, 400 ha sont entièrement occupés par des épis de riz, d’au moins « 3 semaines d’âge », selon Alpha Bocar Baldé, parce que portant 3 à 5 feuilles.

Le producteur Ibrahima Tobo Baldé qui s’est confié à Abdoulaye Kamara, a laissé entendre que « nous n’avons pas eu de parcelles sur les terres aménagées. C’est pourquoi nous nous sommes rabattus sur nos vallées avec l’accompagnement de la SODAGRI qui a mis à notre disposition des tracteurs pour le labour et des semences, ainsi que de l’engrais foliaire. Ça promet bien ».

Idem pour les vallées de Saré Coly Sallé où est cultivé du riz sur presque 5 km. Toutefois, les producteurs de toutes ces vallées ont la même crainte. Ibrahima Tobo Baldé indique : « L’accès aux parcelles en période pluvieuse est difficile. L’évacuation de la production est aussi une contrainte, mais la plus grande est le manque de matériel de récolte adéquat. Nous fauchons notre riz dans l’eau. Le matériel lourd ne peut pénétrer. Ce qu’il nous faut, ce sont des faucheuses et des motoculteurs. Sinon nous sommes obligés de louer les services d’ouvriers pour la moisson et l’évacuation qui gagnent plus que nous au finish.»

Mahamadou Diao de la vallée de Saré Coly Sallé a, quant à lui, posé le défaut de tracteur pour le labour qui retarde les semis et mitige les rendements attendus. La SODAGRI a un objectif d’atteindre des emblavures de 250 mille ha cette année. L’année dernière 200 mille étaient semés en riz. Cela, dans les régions de Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, Tambacounda et Kédougou, zones d’intervention du projet.

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire