Coupe illicite de bois au Sénégal : Les trafiquants pris en flagrant délit, la mairie de Sansamba pointée du doigt

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La détermination des trafiquants de bois à couper les forêts de la Casamance se heurte à celle des populations, notamment celles de la commune de Sansamba située dans la région de Sédhiou. Dans leurs missions de préservation de la végétation, ces populations ont mis la main sur le chauffeur d’un camion immatriculé DL – 2841 – B dans lequel les « délinquants forestiers » sont en train de charger du bois coupé et le propriétaire du bois. La mairie de la commune de Sansamba serait impliquée dans l’octroi des permis d’exploitation.

Tout est parti d’un coup de fil de Landing FICKOU, un habitant du village de Dandone qui se rendait à Sédhiou. A hauteur de Diountobraye, il aperçoit un camion emprunter la piste menant vers ce lieu, jadis aménagé pour servir d’abreuvoir aux troupeaux de vaches. Le soupçon lui oblige de joindre Abdoulaye Kara Cissé, un habitant du village de Sansamba qui a, à son tour, alerté la population de sa contrée. Sur place, les jeunes déterminés à éclaircir cette affaire ont trouvé des manœuvres en train de charger le camion. Le chauffeur a été prié de conduire le camion jusqu’à la mairie de Sansamba. Informés de cette situation, les agents des Eaux et de Sédhiou et de Marsassoum se sont dépêchés sur les lieux.  

Répondant aux questions des services techniques de l’Etat, le présumé coupeur de bois confie que c’est le premier adjoint au maire de la commune de Sansamba, Cheikh Sadibou Kaléla, qui lui aurait octroyé le permis d’exploitation de bois. Joint au téléphone par VivAfrik, M. Kaléla laisse entendre : « J’ai échangé avec les agents des Eaux et Forêts. Nous nous sommes convenus de laisser partir le chauffeur. Mais la population s’est opposée à cette idée et a décidé d’appeler la gendarmerie. C’est à ce moment-là que je suis rentré chez moi ». De son côté, l’Inspection régionale des Eaux et Forêts (IREF) de Sédhiou affirme avoir dépêché ses hommes sur le terrain et qu’« ils sont en train de gérer la situation ». En attendant le Procès-verbal (PV) d’enquête de la gendarmerie, VivAfrik vous promet de revenir plus amplement sur cette affaire.  

Selon le code des collectivités territoriales, la mairie est compétente dans la gestion des ressources naturelles si c’est dans le domaine hors classé, c’est-à-dire en dehors des forêts classés, des parcs etc. Il s’avère que la mairie a son mot à dire dans la gestion de ces ressources.

« Avant qu’il y ait coupe de bois, avant qu’il y ait exploitation dans une forêt qui est dans le territoire d’une commune et gérée par celle-ci, il faut que la mairie donne son aval ou un avis favorable mais uniquement dans les zones autorisées à l’exploitation. C’est cet avis favorable qui va permettre au requérant de se présenter aux agents des Eaux et Forêts, qui à leur tour, vont lui octroyer une autorisation de coupe de bois. Cette autorisation de coupe est assujettit d’abord au paiement des taxes qui vont être reversés dans le trésor public. Mais ce que je vois dans le camion, dans le cas spécifique de Sansamba, personne ne peut donner une autorisation de coupe puisque ce sont des produits totalement interdits d’exploitation. Si la mairie donne une autorisation de couper les arbres, là c’est une faute extrêmement grave de sa part. Elle peut même être poursuivie pour ça parce qu’elle n’a pas cette prérogative. La prérogative de donner l’autorisation de couper revient aux services techniques de l’Etats, c’est-à-dire les agents des Eaux et Forêts », a clarifié un agent des Eaux et Forêts qui a requis l’anonymat.                                       

« Nous sommes dans un processus de décentralisation partielle. L’Etat a transféré les compétences mais il garde certaines de ses prérogatives. C’est pour vous dire que nous sommes dans une affaire de cogestion entre les services techniques et les collectivités territoriales dans le cadre de la décentralisation », a-t-il poursuivi soupçonnant un deal entre les certains habitants véreux et les coupeurs de bois.  

Moctar FICOU / VivAfrik  

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