Les centres urbains de la RDC en proie à la crise alimentaire

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Conflits armés, changement climatique et maintenant le coronavirus ont poussé des millions de personnes au bord de la famine. Ainsi, la situation de la faim est toujours aussi alarmante en République Démocratique du Congo (RDC). Environ 27,3 millions de Congolais font face à une insécurité alimentaire aiguë élevée, selon des chiffres publiés par le Programme alimentaire mondial (APM) publiés lundi 13 septembre 2021 à Kinshasa. Ces chiffres, d’après l’agence onusienne, font de la RDC le pays présentant le plus grand besoin d’assistance dans le monde. Ce sont quasiment toutes les provinces qui sont concernées.

D’après le correspondant de Radio France internationale (RFI) à Kinshasa, Patient Ligodi qui donne l’information, évoquant les données récoltées entre février et juillet 2021, par exemple, plus de 1,5 million de personnes affichent un besoin d’assistance humanitaire dans la capitale congolaise. Les communes de Masina, Matete, Ndijli, Ngaba et Ngaliema sont particulièrement touchées.

Dans les autres zones urbaines, les communes de Bumbu et Kimbanseke à Kinshasa et les villes de Kindu, Beni, Kananga, Kalemie, Mbuji Mayi, Uvira et Gemena sont également en situation de crise. Le Programme alimentaire mondial (PAM) parle de la phase 3 du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC). C’est l’avant-dernière phase avant la famine dans certains cas.

Selon le PAM, les principaux facteurs d’explication de cette insécurité alimentaire sont notamment liés aux effets de la pandémie du Covid-19 qui a provoqué la perte d’emploi et des revenus des ménages et la hausse des prix des denrées alimentaires en raison de la fermeture des frontières.

Présent à la cérémonie de présentation de ces chiffres, Apolinaire Biloso, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, a pour sa part souligné l’urgence pour le pays de développer la production agricole locale.

« La RDC notre pays s’était engagée à Maputo à réserver au moins 10% de son budget à l’agriculture. S’il faut voir au stade actuel le budget qui est alloué à l’agriculture, je dirai que c’est moins de 2% », a t-il confié à l’occasion de la cérémonie de validation des résultats du 19ème cycle de l’IPC.

Pour inverser cette tendance, M. Biloso laisse entendre : « la RDC dépense chaque année 1,5 milliard USD pour acheter la nourriture à l’’extérieur du pays, mais c’est quel type de nourriture qu’on nous ramène sur le marché ? Si l’argent que nous dépensons pour importer la nourriture était affecté à la production agricole cela pourrait changer les choses ».

Moctar FICOU / VivAfrik                                 

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