Deux projets halieutiques financés par le Japon réalisés à moins de 9% en 4 ans après au Cameroun

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Le Japon avait 7 milliards FCFA (12,3 millions $) en faveur du développement des activités de pêche au Cameroun. Un investissement que l’ambassadeur du Japon au Cameroun, Tsutomu Osawa a évoqué au sortir d’une audience accordée au ministre Camerounais de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), le Dr Taïga le 8 octobre 2021.  

« Le gouvernement japonais a décidé de financer deux projets à Douala et Kribi. Nous souhaitons que ce soutien soit bénéfique aux populations », a déclaré le diplomate japonais. 

Avec une demande locale de l’ordre de 500 000 tonnes par an, le Cameroun doit importer en moyenne 100 milliards FCFA de poissons congelés pour combler son déficit de production. Cette situation est en partie due aux pertes post-captures.

Les deux projets évoqués par le diplomate japonais sont le projet d’amélioration du débarcadère et du marché de poissons de Youpwè, dans la ville de Douala, dont la convention de don avec le Japon a été signée depuis 2017 (6,5 milliards FCFA), et le projet d’équipement du Centre communautaire de la pêche artisanale de Kribi (500 millions FCFA), ont détaillé des sources internes au MINEPIA. 

S’agissant du premier projet, des contraintes (liées aux indemnisations des personnes impactées, à la relocalisation temporaire des opérateurs de la filière pêche installés sur le site et à la pandémie du (Covid-19) ont longtemps bloqué l’avancée des travaux, dont le taux de réalisation est actuellement de seulement 9%.

« Il y a un an, rien n’était visible sur le site. Aujourd’hui, au moins les fondations sont achevées et les travaux se poursuivent », souffle une source proche du dossier, qui révèle que la convention pour le 2e projet susmentionné reste toujours attendue. 

Pour rappel, alors que le projet de Kribi consiste en l’achat des équipements pour améliorer les conditions de travail des pêcheurs et de conservation des produits de pêche à Kribi, celui de Youpwè, lui, s’articule autour de la construction d’un débarcadère moderne et des infrastructures de stockage et de conservation. A en croire ses promoteurs, ce projet permettra d’accroître la production, de moderniser le système de commercialisation et les conditions sanitaires des produits halieutiques. Ce qui devrait permettre de réduire les pertes post-captures induites par le manque d’équipements de conservation. Celles-ci sont estimées à 15% au Cameroun, selon les chiffres de la Commission régionale des pêches du golfe de Guinée.

Selon l’Institut national de la statistique (INS), les importations de poissons au Cameroun ont culminé à 97 203 tonnes au premier semestre 2021, pour des dépenses globales d’un peu plus de 64 milliards FCFA, contre 115 708 tonnes pour 77,8 milliards FCFA de dépenses au 30 juin 2020, indique Investir au Cameroun.

Moctar FICOU / VivAfrik

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