L’Afrique de l’ouest perd plus de 1,9 milliard d’euros par an à cause de la pêche illicite

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La région ouest africaine est confrontée par l’absence de politique harmonisée et commune, de la gestion des stocks de poisson entre les Etats ce qui favorise la pêche illicite. Le manque de politique commune des Etats, qui accordent le droit de pêche à certains pays étrangers alors que d’autres le refusent, augmente le taux de pêche illicite. Selon les statistiques, 1000 navires de pêche industrielle et entre 40 000 et 50 000 pirogues s’activent dans cette zone.

Face à cette situation, les ministres sénégalais, gambien et mauritanien chargés de la Pêche ont convenu jeudi 11 novembre 2021 à Dakar d’intensifier la coopération entre leurs pays, en plus de la Guinée Bissau, pour apporter une contribution importante au renforcement de leur poids économique.

L’intervention de ces navires de pêche industrielle fait perdre annuellement à sept pays de l’Afrique de l’ouest regroupés au sein de la Commission sous régionale des pêches (CSRP) 1,9 milliard d’euros à cause de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (Pêche INN).  

C’est ce qu’a révélé le capitaine de vaisseau Mamadou Ndiaye, chef de la direction de la protection et de la surveillance des pêches (DPSP) au Sénégal, jeudi 11 novembre 2021.

« Les pertes attribuables à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée sont de 1,9 milliard d’euros par an », a-t-il poursuivi l’occasion de la cérémonie d’ouverture d’une rencontre à Dakar entre les ministres sénégalais, gambien et mauritanien chargés de la Pêche dans leurs pays respectifs. M. Ndiaye a, dans sa présentation de la pêche INN dans la zone de la CSRP, aussi fait état de 57% des stocks halieutiques pleinement exploités et 30% surexploités.

Poursuivant son allocution, le chef de la DPSP a expliqué que 1000 navires de pêche industrielle et entre 40 000 et 50 000 pirogues s’activent dans la zone. La CSRP est une organisation intergouvernementale de coopération halieutique créée en 1985.

Elle regroupe le Sénégal, la Gambie, la Mauritanie, le Cap Vert, la Guinée Bissau, la République de Guinée et la Sierra Leone.

A l’agenda de la rencontre de deux jours, des concertations sur la « gestion concertée des stocks partagés » et le contrôle-suivi-surveillance(CSC) et la lutte contre la pêche INN.

« Il nous faut un effort commun de gestion, un effort commun de surveillance et une synergie des moyens. Nous avons tous la volonté d’y aller ensemble dans l’intérêt de nos pays », a indiqué Dy Ould Zein, ministre mauritanien de la Pêche et de l’économie maritime.

« Je me réjouis de cette rencontre avec mes collègues du Sénégal et de la Mauritanie pour échanger sur la démarche à adopter. Tous les partenaires qui viennent veulent négocier séparément avec nos Etats et cela ne nous arrange pas forcément. Faire en sorte de parler d’une seule voix avec tous les négociateurs », a noté James Gomez, ministre gambien chargé des pêches. « Avec les échanges, je suis sûr qu’on va trouver une formule qui va nous satisfaire tous », a-t-il poursuivi.

Pour le ministre sénégalais de la pêche et de l’économie maritime, Alioune Ndoye, il s’agira à travers la rencontre des bases d’une fondation solide pour une meilleure connaissance de l’Etat et de la dynamique des stocks pour une exploitation optimale et durable. « L’objectif est de trouver une vision commune pour une meilleure gestion de la ressource et un bon contrôle de gestion », a conclu le ministre sénégalais.

« La coopération entre nos Etats pour un développement commun apportera une contribution importante au renforcement du poids économique de nos pays et offrira des opportunités à travers le renforcement du dialogue et la synergie des actions », a ajouté le ministre sénégalais des Pêches et de l’économie maritime.

Moctar FICOU / VivAfrik                                    

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