Renforcer le partenariat entre le Système des Nations Unies au Sénégal et la BM pour mieux appuyer la réalisation de priorités de développement du pays africain

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Par Papa Cheikh S. Sakho Jimbira       

La nécessité de se mettre ensemble pour toujours plus d’impact et des changements positifs dans le quotidien des Sénégalaises et des Sénégalais.                   

L’Équipe Pays du Système des Nations Unies au Sénégal a accueilli une rencontre de travail avec une délégation de la Banque Mondiale (BM) au Sénégal, conduite par monsieur Nathan Belete, Directeur des Opérations pour le Sénégal, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Mauritanie, le jeudi 11 novembre 2021.

Dans son propos liminaire, le Coordonnateur Résident, Siaka Coulibaly, a rappelé que la Banque Mondiale fait partie de la grande famille des Nations Unies et qu’au Sénégal, une collaboration exemplaire existe déjà entre les Agences du Système des Nations Unies et la Banque Mondiale. Cette rencontre avait précisément pour objectif de renforcer et d’élargir ce partenariat, à travers une harmonisation et une meilleure coordination des interventions, pour mieux soutenir le Sénégal à réaliser ses priorités de développement.

Un partenariat déjà opérationnel à consolider

Une cartographie des initiatives en cours montre que la Banque Mondiale collabore déjà avec UNCDF sur le financement du développement ; ONU Femmes sur l’entreprenariat féminin à travers le programme « We Finance », mais également la FAO sur l’amélioration des moyens d’existence et l’autonomisation des femmes ; UNICEF sur la nutrition et la vaccination, ONUDI sur la promotion des investissements dans les chaînes de valeurs régionales et nationales, mais également l’urbanisation ; UNOPS sur la jeunesse et le développement humain, le FIDA sur du cofinancement dans le Programme de Compétitivité de l’Agriculture et de l’Elevage (PCAE), etc.

A côté de ces initiatives en cours d’exécution, d’autres sont en cours de formulation, notamment avec UNCDF, le PNUD et l’OIM à travers l’initiative pour l’Emergence de la Diaspora et les Investissements dans les Territoires (INEDIT), ONUDC sur la prévention des crimes, UNFPA sur la capture du dividende démographique et le renforcement de l’autonomie et du leadership des jeunes filles ; la FAO sur l’amélioration de la productivité agricole, l’emploi des jeunes en milieu rural et le renforcement des capacités des PME et des PMA ; le PNUD à travers le Projet d’appui à la résilience des acteurs du secteur informel dans les régions de Dakar, Thiès, Fatick et Kaolack, mais aussi le renforcement des capacités de réduction des risques de catastrophe ; UNHCR sur l’insertion professionnelle et la création d’opportunités d’emploi pour les jeunes réfugiés diplômés ; UNCDF sur l’autonomisation économique des femmes ; UNICEF sur la santé maternelle et néonatale et la santé infanto-juvénile ; et l’ONUDI sur l’économie circulaire.

Des défis à relever

Au-delà des interventions qui sont en train d’être mises en œuvre conjointement, la rencontre a permis de mettre en évidence des défis plus généraux, notamment la nécessité d’une meilleure coordination des interventions en soutien au Gouvernement ; la nécessité d’aller vers plus de cofinancements ; un plaidoyer commun sur les thématiques importantes comme la jeunesse, l’éducation, l’emploi des jeunes, la situation des femmes… ; et la formulation d’approches conjointes en termes d’outils et de financement du développement.

Monsieur Nathan Belete, Directeur des Opérations de la Banque Mondiale au Sénégal a pointé dans son intervention quelques défis sur lesquels le renforcement de la collaboration pourrait particulièrement porter. Il s’agit de l’intégration des aspects techniques de digitalisation des interventions pour une meilleure visibilité, le plaidoyer conjoint sur les sujets majeurs, une meilleure synergie des partenaires au développement autour de réponses conjointes proposées au Gouvernement, mais également une meilleure prise en charge conjointe de questions comme l’éducation de base, en particulier en milieu rural, où les chiffres demeurent bas et l’autonomisation des femmes, y compris dans le monde rural.

La nécessité de se mettre ensemble pour produire plus d’impact et des changements positifs dans le quotidien des Sénégalaises et des Sénégalais, en particulier les plus vulnérables, a été le leitmotiv de la rencontre.

Les possibilités de renforcement de la collaboration sont multiples et des propositions ont été formulées aussi bien par les membres du SNU présents dans la salle, comme ceux qui participaient à la rencontre de manière virtuelle.  Monsieur Demba Koné, Coordonnateur Pays d’ONU Sida a invité la Banque Mondiale à renforcer l’éducation des filles, notamment à travers l’initiative « Education plus » ; madame Monique Ekoko, Représentante du HCR au Sénégal a invité la Banque à soutenir le processus de naturalisation des réfugiés au Sénégal et dans la sous-région ; tandis que Mme Fatiha Terki a surtout insisté  sur l’optimisation des interventions ; monsieur Georges Gonzales, Représentant adjoint de l’UNICEF au Sénégal a également appelé à une meilleure coordination et à un plaidoyer sur la protection sociale et le financement des secteurs sociaux ; alors que monsieur Pascal Karorero, Représentant Résident du PNUD au Sénégal a évoqué les possibilités de collaboration dans la lutte contre la corruption, mais également l’énergie. L’alimentation, la gestion foncière, l’économie verte, l’économie numérique, la nutrition, la résilience au choc de la COVID-19, la gestion de l’eau, l’urbanisation, ou encore l’agriculture, constituent des domaines importants qui ont été évoqués et dans lesquels les deux institutions vont renforcer leur partenariat.

S’agissant particulièrement du secteur agricole, le représentant de la FAO a fait part de la demande du Gouvernement pour l’appui dans la gestion des pertes post-récoltes et monsieur Benoît Thierry, Représentant du FIDA en Afrique de l’Ouest a rappelé que la croissance agricole en Afrique de l’Ouest est à 2%, alors que les besoins en croissance sont à 6% ; justifiant également la nécessité d’agir ensemble et maintenant.

Du côté de la Banque Mondiale monsieur Farouk Mollah Banna, Responsable du Secteur Développement Durable, a rappelé qu’en plus d’une nécessité de coordination des interventions dans l’agriculture et la gestion foncière, des efforts doivent être faits sur la question du changement climatique, notamment le défi de l’accompagnement à la mise en œuvre des engagements du Sénégal lors de la Cop26. La Responsable du Secteur Développement Humain, madame Rebekka Grun a également insisté sur l’importance du plaidoyer commun, portant sur l’éducation, le genre, l’appui aux adolescents, l’équité salariale entre hommes et femmes ; en écho à l’intervention de madame Oulimata Sarr, Directrice Régionale d’ONU Femmes.

Monsieur Manuel Luengo, Responsable du Secteur Énergie et Infrastructures, et monsieur Edouard Al-Dahdah, Responsable du Secteur Finance, Compétitivité et innovation, sont tour à tour revenus sur les pistes d’interventions conjointes dans le secteur de l’énergie, notamment l’accès à l’électricité, mais également la création d’opportunités d’emplois, y compris en milieu rural.

Monsieur Luc Lecuit, Adjoint au Directeur des Opérations a salué la richesse de la collaboration, en insistant sur l’importance pour les partenaires d’aligner leurs interventions aux priorités du Gouvernement, notamment à travers des approches programmes, pour plus d’efficacité. Il a également insisté sur l’application du principe de subsidiarité dans la collaboration, en privilégiant une mise en œuvre au niveau local, pour un meilleur impact et surtout à travers des actions communes des équipes techniques.

Le Directeur des Opérations de la Banque Mondiale a conclu en plaidant pour la pérennisation de cette importante réunion, selon une fréquence annuelle ou semestrielle, le partage continue d’informations entre les équipes techniques, mais également sur le renforcement des discussions et du plaidoyer sur les reformes stratégiques, et une harmonisation des processus relatifs au « Legal agreement » dans le cadre des financements des projets, au niveau des Sièges des deux institutions.

Le Coordonnateur Résident, Siaka Coulibaly a clos la rencontre en saluant l’excellence des relations entre le Système des Nations Unies au Sénégal et la Banque Mondiale et en plaidant pour une meilleure coordination et une meilleure couverture géographique des interventions, le cofinancement des projets, mais également une prise en charge conjointe des questions transfrontalières.

Papa Cheikh S. Sakho Jimbira

RCO

Analyste communication et plaidoyer

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