Le Sénégal va désormais réorienter 10 % des intrants agricoles dans les engrais bio organiques

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Les autorités sénégalaises sont engagées à donner un nouvel élan à l’agro-écologie en réorientant 10 % des intrants agricoles dans les engrais bio organiques. C’est du moins ce qu’a informé le Conseiller technique N°2 du Ministre de l’Agriculture et du l’Equipement rural (MAER).   

« Le Ministre de l’Agriculture et du l’Equipement rural collabore profondément à la transition agroécologique en intensification. Il a profité de l’audience qu’il a accordé à la délégation de la DyTAES (Dynamique pour une transition agroécologique au Sénégal) pour annoncer que 10% des intrants agricoles vont être réorientés dans des engrais bio organiques », a révélé Amadou Houry Diallo qui cite le MAER, le Pr Moussa Baldé.

M. Diallo s’exprimait ce mercredi 24 novembre 2021 à Dakar alors qu’il présidait la cérémonie d’ouverture de la 3ème édition de la Conférence internationale sur l’intensification Durable (CID) qui se tient du 24 au 26 novembre 2021 sous le thème est placée sous le thème inclusif « Adaptation et résilience des agricultures en Afrique de l’Ouest : innovations agroécologiques et intégration des territoires ».

Ce rassemblement qui se veut un plaidoyer pour la Transformation agroécologique (TAE) afin d’assurer une intensification durable de l’agriculture et la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest favorisera les échanges d’expériences entre partenaires scientifiques et partenaires de la société civile et du développement afin d’alimenter le dialogue politique en faveur de la TAE pour l’intensification durable de la productivité des sols africains, à destination du développement durable « économique » des populations agricoles.

Rappelons que l’offre politique est porteuse de ruptures transformatrices d’une agriculture conventionnelle. Celle qui, depuis des décennies, peine à assurer les besoins alimentaires de la population sénégalaise et à fixer les jeunes ruraux dans leurs terroirs, malgré les importantes ressources publiques qui lui sont dédiées.

C’est pourquoi, la 3ème édition de la Conférence intensification Durable innove en associant pour la première fois à son organisation des acteurs de la société civile via la DyTAES, en vue de renforcer la coopération entre acteurs de la recherche et les acteurs du développement du Nord et du Sud.

« L’agro-écologie qui vise à revoir les sciences de l’agriculture par le prisme des sciences de l’écologie et de la nature est une approche qui s’appuie sur des connaissances avancées sur le fonctionnement des sols, des plantes, des micro-organismes associés aux plantes et des écosystèmes », déclaré le Pr Mamadou Seck par ailleurs directeur général l’Institut de technologie alimentaire (ITA)

Au-delà de cette perception écologique de l’agroécologie, les sciences humaines et sociales sont également mobilisées afin de comprendre les barrières à l’adoption de pratiques agroécologiques. En comprenant mieux la diversité des systèmes de production d’une part (système d’élevage, de culture, agroforesterie), et des stratégies des ménages agricoles d’autres part (intensification, extensification, diversification des revenus, etc.), il sera alors possible de dessiner les voies possibles d’une transition agroécologique en Afrique, a de son côté relevé le représentant de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA).

De son côté, le représentant du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) du Sénégal, Thierno Cissé, s’est réjoui de son invitation pour la 3ème édition de la Conférence sur l’intensification Durable. A l’en croire, le mot « intensification », la plus part du temps, fait peur aux paysans dans la mesure où ils pensent à l’investissement étranger qui entraine beaucoup de difficultés avec le phénomène de l’accaparement des terres, un prétexte pour paysans aisés de pouvoir nourrir le monde. Suffisant pour lui d’inviter les organisateurs de cette table ronde à revoir l’intitulé de la conférence.

« Les raisons que je viens d’évoquer m’amènent à recommander aux organisateurs d’ajouter un autre « i ». Moi, je serai pour « intensification inclusive et durable. Intensification renvoie, dans nos pays, à ceux qui ont des capitaux et qui peuvent investir massivement », a-t-il exhorté.

A signaler que le jeudi 25 novembre 2021, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et la DyTAES inaugurent une exposition photo qui retrace le parcours de celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour poser les bases d’une transition agroécologique en Afrique subsaharienne.

Moctar FICOU / VivAfrik

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