Six organisations et institutions invitent les décideurs ouest africains à renforcer les mesures réglementaires pour réduire les captures accidentelles des tortues et oiseaux de mer lors des activités de pêche

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Dakar, 22 novembre 2021. A l’occasion de la Journée mondiale de la pêche célébrée le 21 novembre, six organisations dont le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine en Afrique de l’Ouest (PRCM), Birdlife International, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement- Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (PNUE-CMS),  l’Institut National de Recherche pour le Développement Durable (IRD), la Commission Sous-Régionale des Pêches (CSRP),  la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des Etats-Unis et  l’Université de Barcelone, engagées dans le cadre du projet « Reduction des captures accidentelles d’oiseaux et de tortues de mer dans les pêcheries industrielles d’Afrique de l’Ouest », financé par la Fondation MAVA et cordonné par BirdLife International, invitent les décideurs ouest africains à renforcer les mesures réglementaires de protection de ces espèces emblématiques de la biodiversité afin d’éviter leur capture par les navires de pêche.

Les captures accidentelles des espèces vulnérables comme les oiseaux et les tortues de mer sont considérées comme l’un des principaux facteurs qui menacent la rentabilité et la durabilité des écosystèmes marins. A ce titre, elles sont, à ce jour, l’un des grands sujets de préoccupation des organisations de gestion des pêches. Elles constituent non seulement une menace pour la biodiversité marine, mais elles affectent également les moyens de subsistance des pêcheurs.

Bien que la problématique des captures accidentelles ait connue une évolution à travers le monde, en Afrique de l’Ouest, beaucoup néanmoins reste à faire.

« Si nous saluons les efforts de protection des oiseaux et tortues de mer dans la plupart des pays membres de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), nous déplorons néanmoins l’absence de réglementation visant à prévenir leur capture accidentelle lors des opérations de pêche industrielle aussi bien des flottes nationales que celles de longue distance.  Il est important d’encourager ces Etats à améliorer leurs législations. C’est là le principal plaidoyer que nous entendons lancer » affirme Ahmed Diamé, coordonnateur du projet Bycatch à BirdLife International.

On estime globalement qu’environ 700 000 oiseaux de mer et 300 000 tortues marines meurent chaque année dans les engins de pêche. En Afrique de l’Ouest, les statistiques font défaut et les impacts de la pêche industrielle sur ces deux groupes d’espèces restent mal connus.

« A travers le projet Bycatch et pour la première fois dans la région, les captures accidentelles des oiseaux et tortues de mer dans les pêcheries industrielles sont systématiquement collectées et traitées grâce au réseau d’observateurs formés et équipés, dans les différents pays de la CSRP. Ceci permettra bientôt, de déterminer les captures accidentelles dans les principales pêcheries de la région », ajoute Diamé.       

Les oiseaux de mer comme les tortues marines, sont des espèces à reproduction lente dont la plupart sont considérées comme menacées à des degrés divers.  L’écorégion ouest africaine renferme cinq des sept espèces de tortues marines : la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), la tortue caouanne (Caretta caretta), la tortue luth (Dermochelys coriacea) et la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea).  Toutes ces espèces sont classées comme menacées sur la Liste Rouge de l’UICN.

S’agissant des oiseaux de mer, la région abrite des Zones d’importance pour la conservation des oiseaux (ZICO) tout au long des côtes poissonneuses qui leur offrent d’excellentes conditions alimentaires nécessaires pour leur reproduction et leur développement. Autant de facteurs qui, combinés aux activités de plus 10 000 navires industriels opérant dans la même zone, favorisent les interactions entre ces espèces et les activités de pêche.    

« Il est donc urgent de mettre en place des mesures d’atténuation pour contribuer à endiguer le fléau que constitue les captures accidentelles. Et pour cela, les Etats doivent jouer un rôle fondamental en faisant évoluer les règlementations tant nationales que régionales. » soutient Ahmed Diame

Les activités qui sont organisées dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la pêche comportement notamment, un webinaire, des visites de sensibilisation au Port de Dakar, ainsi qu’une exposition, toutes destinées à conscientiser les acteurs de la pêche industrielle sur la problématique des captures accidentelles.

Lancé en 2017, avec l’appui financier de la Fondation MAVA, le projet « Réduction des prises accidentelles d’oiseaux et de tortues de mer dans les pêcheries industrielles en Afrique de l’Ouest » ou « Projet Bycatch », est la première initiative, dans l’espace CSRP, à aborder la problématique des prises accidentelles des oiseaux et tortues de mer dans les pêcheries industrielles de la région en proposant des solutions techniques et légales. Son objectif vise à établir un cadre opérationnel pour la réduction des prises accidentelles des oiseaux et tortues de mer dans les pêcheries industrielles en Afrique de l’Ouest et le mettre en œuvre dans 7 pays de la région dont le Cabo Verde, la République de Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Sénégal, la Sierra Leone et la Gambie.  

 À propos de BirdLife International

BirdLife International est le plus grand partenariat de conservation au monde, avec plus de 10 millions de membres et de sympathisants. Le partenariat lutte pour la conservation des oiseaux, de leurs habitats et de la biodiversité mondiale, en travaillant avec les gens pour une utilisation durable des ressources naturelles. – www.birdlife.org

À propos de PRCM

Le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine (PRCM) est une coalition d’acteurs travaillant sur les problématiques du littoral ouest africain et couvrant sept pays : le Cap Vert, la Gambie, la Guinée Conakry, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone. Le Partenariat œuvre pour l’avènement d’un milieu marin sain et prospère, au bénéficie des populations ouest africaines.  Sa force réside dans son réseau de 80 membres allant de petites associations actives au niveau local à de très grandes organisations internationales. – http://prcmarine.org/fr

À propos de MAVA Foundation

La MAVA est une fondation philanthropique privée qui finance des initiatives et programmes de conservation dans la région méditerranéenne, la zone côtière d’Afrique de l’Ouest et la Suisse, tout en accompagnant leurs partenaires en les aidant à développer les compétences dont ils ont besoin et en renforçant leurs capacités à réaliser leurs objectifs de conservation. Alors que la MAVA met fin à activités en fin 2022, ils mettent davantage l’accent sur le besoin des partenaires de trouver des sources de financement alternatives pour assurer la durabilité des actions qu’ils ont soutenu – https://mava-foundation.org/

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