La sécheresse pourrait entraîner le déplacement de plus d’un million de personnes d’ici au mois d’avril 2022 en Somalie

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La dernière analyse de la Matrice de suivi des déplacements (DTM, sigle anglais) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a souligné que l’exacerbation des conditions de sécheresse en Somalie pourrait entraîner le déplacement de plus d’un million de personnes d’ici au mois d’avril prochain si des mesures urgentes ne sont pas prises.

En décembre 2021, l’Organisation des Nations unies (ONU) a tiré la sonnette d’alarme. Environ une personne sur quatre risque de souffrir gravement de la faim en Somalie, en raison de la sécheresse qui touche ce pays, après trois saisons de faibles précipitations et une quatrième en vue. L’organisation s’attend à ce que 4,6 millions de personnes aient besoin d’aide alimentaire d’ici à mai 2022.

Dans certaines régions du pays, la pénurie d’eau est la pire depuis 40 ans et les puits sont à sec. Le bétail meurt et les prix des denrées alimentaires de base ne sont pas abordables pour la plupart des habitants.

Plus de 3,2 millions de personnes sont touchées, dont près de 245.000 ont été contraintes d’abandonner leur foyer à la recherche de nourriture, d’eau et de pâturages, notamment dans les régions du centre et du sud du pays. Les conditions vont probablement s’aggraver, car la Somalie risque de connaître une quatrième saison consécutive de pluies insuffisantes et inégalement réparties entre avril et juin 2022.

Les pénuries de nourriture, d’eau et de pâturage ont déjà contraint 169 000 personnes à quitter leur domicile, un nombre qui pourrait atteindre 1,4 million d’ici à six mois, a noté l’ONU dans son communiqué transmis à la presse. « C’est une catastrophe inouïe qui se prépare », a expliqué Adam Abdelmoula, coordinateur humanitaire de l’ONU pour la Somalie. Selon lui, 300 000 enfants de moins de cinq ans seront exposés à une malnutrition grave dans les mois à venir : « Ils mourront si nous ne les aidons pas dans un délai rapide ».

Face à la gravité actuelle de la sécheresse et d’une analyse des données antérieures liées à la sécheresse de 2017, le rapport DTM prévoit deux scénarii de déplacement de personnes.

Le premier estime que 1.415.000 personnes pourraient être déplacées au cours des six prochains mois, tandis que le second note le déplacement de 1.036.000 personnes sur la même période.

Les communautés touchées ont besoin d’une aide urgente, en particulier les Personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI). Les migrants continuent de faire face à des conditions de vie précaires et à un manque de services dans les sites et établissements informels à travers le pays.

« Si nous agissons maintenant, nous pouvons atténuer les déplacements supplémentaires », a déclaré Mohamed Abdelazim, le Coordonnateur des urgences de l’OIM en Somalie, soulignant qu’une action immédiate est essentielle pour sauver des vies.

Moctar FICOU / VivAfrik