L’Afrique dépense jusqu’à 5% de son PIB pour lutter contre le changement climatique, dixit Power Shift Africa

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Le centre de réflexion Power Shift Africa, basé à Nairobi, la capitale kenyane, a indiqué dans un rapport rendu public samedi 26 février 2022 que les pays africains, malgré leur statut de plus faibles émetteurs de gaz à effet de serre, dépensent jusqu’à 5% de leur Produit intérieur brute (PIB) pour lutter contre le changement climatique.

Mieux, l’Afrique paye cher pour « se protéger des effets du changement climatique, comme les sécheresses, les inondations et les mauvaises récoltes, bien qu’elle soit la plus faible émettrice de gaz à effet de serre ». 

Le rapport publié samedi par le centre de réflexion Power Shift Africa se concentre sur sept pays, dont le Kenya, le Liberia et l’Éthiopie, étudiant leurs dépenses mais aussi l’impact de ces catastrophes sur leur croissance. L’Éthiopie est, selon l’organisation, le pays dépensant le plus, en consacrant 5,6% de son PIB à combattre les catastrophes climatiques.

De son côté, le Soudan du Sud, qui a subi ces dernières années de très fortes pluies et des inondations ayant touché plus de 850 000 personnes, devrait perdre 3,1% de son PIB chaque année dans les années à venir, selon le texte.

De son côté, la Sierra Leone, dont les habitants émettent en moyenne 80 fois moins de CO2 que les citoyens américains, dépensera pour s’adapter au changement climatique quelque 80 millions d’euros par an, soit 2,3% du PIB.

De l’avis du directeur de Power Shift Africa, Mohamed Adow, « ce rapport montre la profonde injustice de l’urgence climatique. Ce n’est tout bonnement pas acceptable que les coûts incombent aux gens qui souffrent le plus, tout en contribuant le moins au changement climatique ».  

Les pays africains ont besoin d’aides « massives » pour faire face au changement climatique, a ajouté Mohamed Adow. Pour qui, les pays africains peinent à mobiliser des ressources pour à la fois s’adapter et limiter leurs émissions.

Les 65 pays les plus pauvres verront leur PIB chuter de 20% en moyenne d’ici à 2050 et de 64% d’ici à 2100 si la température augmente de 2,9 C°. Huit des dix pays les plus concernés sont situés en Afrique. À ce jour, la température moyenne sur Terre a augmenté de 1,1 C° par rapport aux niveaux de la fin du XIXe siècle, a renseigné une étude publiée en novembre 2021.

Moctar FICOU / VivAfrik