Kenya : dans le Turkana, les femmes s’organisent pour subvenir à leurs besoins

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La sécheresse qui sévit au Kenya a durement impacté le bétail, et par conséquent fragilisé l’équilibre alimentaire des communautés qui dépendent traditionnellement de l’élevage d’animaux pour s’alimenter. Alors que les longues sécheresses sont de plus en plus récurrentes ces dernières années, les habitants se tournent petit à petit vers des moyens alternatifs pour subvenir à leurs besoins.

Une fois la chaleur de la journée retombée, Awesit Meriye quitte son foyer, son bébé sur le dos. Direction l’arbre tombé quelques mètres plus loin et dont s’échappe de la fumée. Elle est en train de le brûler pour en faire du charbon. « Je récupère des morceaux des branches, j’y ajoute des plus petites brindilles et je les empile. Quand ça forme un tas, je pose dessus les cendres encore chaudes, j’y ajoute aussi des excréments d’animaux, et je laisse le tout brûler. Quand c’est prêt, je récupère le charbon à la pelle comme ça. »

Elle vend un sac de 80 kilos à un peu plus de trois euros et peut en produire jusqu’à trois par semaine. Des revenus précieux pour cette maman de six enfants. « Ça me permet d’acheter de la nourriture pour la famille, souvent de la farine de maïs, puis je cuisine de l’ugali ou du porridge. C’est le moyen que j’ai trouvé pour que tout le monde puisse manger. »

Quelques kilomètres plus loin, c’est sur la fabrication de balayettes que s’est rabattue Paulina Lomulen. Elle fait le geste avec aisance. « Une fois que les feuilles ont fini de sécher au soleil, on les prend et on les plie comme ça. Puis, on en prend d’autres pour entourer les feuilles pliées et les maintenir toutes ensemble. Et voilà, ça fait un balai. »

Diversifier les moyens de subsistance

Comme Awesit avec son charbon, Paulina les vend ensuite à des motos-taxis. Les revenus sont donc irréguliers, car ils dépendent des conducteurs. Mais, comme elles, dans la région la sécheresse a poussé beaucoup de familles à diversifier leurs moyens de subsistance.

Samuel Ekal est le fondateur de Tupado, une association de développement pour les éleveurs. Pour lui, « il y a plusieurs alternatives au mode de vie pastoral : l’agriculture grâce à des systèmes d’irrigation basée sur les rivières. Certains font du petit commerce en vendant du bois à bruler, du charbon, en fabriquant des paniers ou balais ou encore en collectant de la gomme arabique dans le nord. Il y a aussi beaucoup de bergers qui se rabattent sur la pêche dans le lac Turkana. »

Signes de leur adoption : les stands de vente de charbon bordent les routes du Turkana et les paniers et balais ont envahi les marchés de Lodwar.

Avec rfi.fr