Coupe illicite de bois : Un civile tué dans des affrontements entre « trafiquants de bois » et agents des eaux et forêts au Sénégal  

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L’inspecteur régional de Kolda des eaux et forêts a affirmé, dans un communiqué transmis à la presse, qu’un civil a trouvé la mort dans des affrontements survenus samedi 9 avril 2022 dans la région de Kolda (sud) entre un groupe de « trafiquants de bois » et des agents des eaux de forêts.

« A la suite d’une tournée de police forestière, nos agents de la brigade forestière de Ndorna ont eu un accrochage avec un groupe de 19 trafiquants de bois vène en partance vers la Gambie (…) Malheureusement, une balle a atteint mortellement l’un des trafiquants, un habitant du village de Sinthiang Seck, situé dans la commune de Ndorna », a écrit Mamadou Goudiaby dans le document.

Qui détaille que « les 18 autres ont fini par prendre la fuite, laissant derrière eux [le] corps d’un homme sans vie, 19 charrettes chargées chacune d’un billon de bois vène, 11 chevaux et deux ânes ».

A l’en croire, malgré les « tirs de sommation » des agents des eaux et forêts, « les trafiquants, en supériorité numérique, ont refusé d’obtempérer ».

Les charrettes et les chevaux ont été acheminés à la brigade forestière de Ndorna, près de la frontière sénégalo-gambienne, a ajouté le colonel Mamadou Goudiaby dans le communiqué.

S’exprimant à la fin de la cérémonie de prise d’armes marquant le 62ème anniversaire de l’accession du Sénégal à la souveraineté nationale, lundi 4 avril 2022, Macky Sall a prévenu qu’il n’accepterait plus qu’« un seul arbre soit abattu » en Casamance (sud) pour être exporté.

« La défense de nos forêts, c’est justement l’une des principales missions en cours pour défendre la forêt de Casamance (régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor). Mes instructions ont été très claires, nous ne pouvons plus accepter qu’un seul arbre soit abattu en Casamance pour être exporté » à l’étranger, a-t-il martelé.

L’Alliance des écologistes du Sénégal (ADES) dit saluer « une décision courageuse et nécessaire » en raison de l’importance des forêts pour la préservation de l’environnement.

« Depuis 2010, constate l’ADES, notre pays a perdu plus de 1 million d’arbres à cause du trafic illicite de bois, et pas moins de 5.000 conteneurs remplis de bois traversent notre frontière chaque année, soit plus de 40.000 hectares dévastés ».

Moctar FICOU / VivAfrik