La Côte d’Ivoire se dote d’une carte à puce pour une meilleure traçabilité du cacao

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La Côte d’Ivoire a franchi un pas important dans la mise en place d’un dispositif de traçabilité et de transparence dans la filière cacao. Car, davantage de traçabilité, moins de risques. En Côte d’Ivoire, le Conseil Café Cacao (CCC) a lancé cette semaine la distribution d’une carte magnétique à destination de tous les producteurs ivoiriens. L’objectif est de contrôler davantage les flux de fèves et leur permettre d’effectuer des transactions sécurisées.

Ce dispositif est à la fois une carte bancaire et une carte d’identification. Il y figure un QR code qui permet d’avoir l’identité du planteur, mais aussi la superficie de son verger ou le nombre de personnes vivant dans son ménage. Elle comporte également un puce bancaire pour permettre d’effectuer des transactions lors de la commercialisation des produits mais encore de faire des dépôts et des envois d’argent.

La carte permet aussi de vérifier que les prix garantis en début de campagne sont respectés. Enfin, elle évite le transport de cash et donc limite les risques de vol ou de braquage. La carte est destinée à tous les planteurs de café et cacao de Côte d’Ivoire. Ils sont un peu moins d’un million selon les chiffres du recensement effectué par le CCC en 2019 et 2020. « Sur le principe c’est rassurant notamment sur le plan de la sécurité. Mais on attend de voir comment ça va s’organiser notamment dans les zone où il n’y a pas de connexion ou pas de réseau téléphonique », commente le responsable d’une organisation de producteurs joint par RFI.

Cette carte est une nouvelle étape dans le programme de traçabilité du cacao ivoirien. L’objectif c’est de pouvoir suivre le parcours d’une fève de l’arbre au bateau pour à terme, pouvoir éliminer le travail des enfants et la déforestation de la chaine de productions, comme le réclament de plus en plus les marchés américains et européens. Selon le recensement du CCC, 15% des superficies exploitées se trouvent dans des forêts classées. 29% des enfants de ménages de planteurs, en âge d’être scolarisés, ne le sont pas.

Moctar FICOU / VivAfrik