En visite au Nigéria, Antonio Guterres appelle à un retour « sûr » et « digne » des déplacés  

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Le patron de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui a entamé tournée africaine samedi 30 avril 2022 entrant dans le cadre d’une « visite de solidarité pour le Ramadan » au Sénégal puis au Niger et enfin au Nigeria s’est entretenu avec les autorités de chacun de ces pays. Antonio Guterres a abordé non seulement la question des transitions au Mali, en Guinée et au Burkina Faso, mais aussi les crises sécuritaire, alimentaire, énergétique, financière ou encore climatique.  

Au Nigéria, le secrétaire général de l’ONU a appelé, mardi 3 mai 2022, à un retour « sûr » et dans la « dignité » des déplacés alors qu’il effectuait une visite dans le nord-est du pays, où une insurrection jihadiste fait rage depuis une décennie.

« La solution est de créer des conditions sûres, des conditions de développement pour qu’ils puissent rentrer chez eux en sécurité et dans la dignité », a-t-il laissé entendre lors d’une conférence de presse. Le chef des Nations unies, qui a atterri en début d’après-midi à Maiduguri, dans l’Etat du Borno, épicentre de l’insurrection jihadiste, a fait cette déclaration après avoir visité un camp de déplacés. Interrogé par un journaliste sur cette visite, M. Guterres a lancé : « bien sûr que les conditions dans un camp de déplacés (…) ne sont pas bonnes. J’ai été haut-commissaire pour les réfugiés. Je n’ai jamais vu un camp de réfugiés ou de déplacés où j’aimerais vivre avec ma famille ».

A l’écart des journalistes, le chef de l’ONU a également visité un camp de réhabilitation d’ex-combattants jihadistes. Il a plaidé à ce sujet pour « la réintégration de ceux qui, dans un moment de désespoir, sont devenus des terroristes et qui souhaitent désormais être des citoyens » pour favoriser la paix.

Avant de s’envoler pour le Nigeria, M. Guterres était allé dans la matinée à la rencontre de déplacés et réfugiés dans l’ouest du Niger. Cette tournée régionale doit s’achever mercredi 4 mai 2022.

Rappelons qu’en fin mars 2022, plus de 4 000 Nigérians qui avaient fui les exactions des groupes jihadistes Etat islamique et Boko Haram sont rentrés chez eux malgré l’insécurité et des services quasi-inexistants dans la région. Née en 2009, l’insurrection jihadiste dans le nord-est a fait plus de 40 000 morts et 2.2 millions de déplacés.

Moctar FICOU / VivAfrik