Le Sénégal compte 7 régions et localités vulnérables aux inondations, selon l’Urbaniste Hamidou Konaté

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L’exposition des régions et localités aux inondations à l’échelle nationale sénégalais n’est plus un secret de Polichinelle. En effet, le Géographe-urbaniste-cartographe a expliqué que « l’exposition aux inondations à l’échelle nationale a révélé que 29 villes et localités ont été identifiées dont sept comme étant les plus exposées à l’échelle du territoire sénégalais. Il s’agit de Dakar, Thiès, Touba, Kaolack, Kaffrine, Kolda et Kédougou ». 

Le responsable suivi évaluation du Projet de gestion intégrée des inondations au Sénégal (PGIIS), un projet qui vise une meilleure résilience des populations face aux impacts des inondations, s’exprimait, mercredi 18 mai 2022 à l’occasion de l’atelier de renforcement des capacités des journalistes spécialisés dans le domaine de l’environnement sur le thème suivant : « Les enjeux du changement climatique ». La formation organisée les 18 et 19 mai 2022 à Dakar est initiée par la Cellule de communication du ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD) en partenariat avec l’ambassade de la Grande Bretagne au Sénégal et Globol green growth institute (GGGI).

Le responsable a également fait part de l’identifier les mesures nécessaires pour réduire la vulnérabilité des territoires face au risque inondation ; réduire la vulnérabilité du territoire par la prise en compte des problématiques de gestion des inondations dans les documents d’urbanisme et par l’élaboration des normes de construction dans les zones à risque d’inondation et mettre en œuvre une planification stratégique pour orienter les plans d’investissements en matière de gestion intégrée des inondations

De l’avis de M. Konaté, le Sénégal présente une diversité de climats avec des précipitations inégalement réparties sur le pays. Pendant l’hivernage, 75% des précipitations annuelles tombent en seulement 8 semaines.

A l’en croire, des facteurs non anthropiques sont à l’origine d’une intensification des inondations au Sénégal durant les dernières décennies. Elles sont aggravées par les activités humaines telles que l’augmentation des espaces artificialisés, l’urbanisation parfois mal maitrisée, les pratiques agricoles défavorables, la régression des zones naturelles d’expansion des crues et des zones humides.    

D’autres facteurs sont déterminants pour les inondations. Ainsi, un important réseau hydrographique constitué par les grands systèmes fluviaux : fleuve Sénégal, fleuve Gambie, fleuve Casamance, Kayanga, Sine, Saloum, vallées du Car-Car et du Ferlo jouent un rôle important avec une topographie décroissante du sud-est vers l’ouest avec des chapelets de lacs et niayes.

Des défis majeurs sont à relever, si l’on se fie à Hamidou Konaté. Parmi ces défis, l’expert note la transition vers une approche multisectorielle afin d’améliorer la gestion des inondations sur le territoire sénégalais ; l’adaptation aux changements climatiques qui risquent d’amplifier l’intensité des inondations dans le futur (montée du niveau de la mer, intensification des événements pluvieux extrêmes…) ; l’intégration du risque d’inondation dans les documents de planification à l’échelle nationale et territoriale et enfin, la programmation budgétaire.

Présentant sa communication, le responsable du Projet de gestion intégrée des inondations au Sénégal a révélé que le PGIIS a une durée de vie de 5 ans (2019-2023) et est sous la responsabilité du ministère de l’Eau et de l’Assainissement (MEA) qui assure sa coordination.

Concluant sa présentation, il a indiqué que le PGIIS a pour objectifs d’accompagner le gouvernement du Sénégal dans la mise en place d’une politique nationale de gestion intégrée des inondations urbaines dans une perspective de réduction du risque de catastrophe et de résilience urbaine

Financé à hauteur de 15 millions d’euros (9,7 milliards F CFA), ce projet repose sur la mise en œuvre d’actions arrimées au cadre de Sendaï qui vont favoriser la compréhension, la réduction, la prévention et la gouvernance du risque d’inondation.

Moctar FICOU / VivAfrik