Le directeur de LBA appelle à «adopter des modèles de financement permettant d’infléchir la courbe des émissions de gaz»

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« L’urgence et l’ampleur des défis exigent que nous nous adaptions à la situation et que nous fassions preuve d’audace en adoptant des modèles de financement qui permettent d’infléchir la courbe des émissions de gaz tout en améliorant la rentabilité de nos appareils de production ».

C’est ce qu’a laissé entendre le directeur général de La banque agricole (LBA) qui s’exprimait lors de l’ouverture un dialogue de haut niveau sur les mécanismes et les opportunités sur le financement climatique au Sénégal initiée par la première banque commerciale privée sénégalaise accréditée au Fonds vert pour le climat (FVC) pour l’accès direct et l’Institut mondial pour la croissance verte (Global Green Growth Institute – GGGI).

Le Sénégal, à travers sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN) se fixe un objectif conditionnel de 23,7% et 29,5% de réduction des émissions de GES respectivement en 2025 et 2030. Afin d’honorer ses engagements, notre pays a besoin de ressources financières conséquentes évaluées à environ 13 milliards de dollars en contribution conditionnelle et inconditionnelle.

Ainsi, « le secteur privé, générateur d’emplois et de croissance est fortement attendu dans la contribution à l’atteinte de cette ambition en plus de l’apport public par les institutions multilatérales de développement et les Partenaires techniques et financiers (PTF) du Sénégal », a dit Malick Ndiaye.

Qui relève que les financements du secteur privé en vue d’une croissance résiliente et sobre en carbone, s’ils sont bien conçus et mis en œuvre, en plus de contribuer à l’atteinte des objectifs de la Contribution déterminée au niveau national (CDN), pourraient également aider notre pays à lutter contre la pauvreté et les inégalités.

La banque agricole a très tôt pris conscience du rôle qu’elle peut jouer dans la lutte contre cette crise climatique en générale par la mobilisation de ressources concessionnelles conséquentes et le financement du secteur privé en particulier.

« C’est tout le sens et la portée qu’il faut accorder à l’accréditation de La banque agricole au Fonds vert climat en 2020 comme deuxième entité pays pour l’accès direct à côté du Centre de suivi écologique (CSE). Un tel statut confère aujourd’hui à LBA le mandat, entre autres, de lever des fonds conséquents à taux concessionnel, au profit des acteurs économiques particulièrement ceux du secteur privé, pour davantage adresser les problèmes de financement en rapport avec le changement climatique », a laissé entendre le directeur général de LBA.

Selon lui, le challenge pour la banque est de développer un partenariat permettant d’accompagner le secteur privé dans sa transition décarbonée et contribuer à bâtir une économie sénégalaise climato-intelligente, verte et inclusive. Ceci passera par une transformation de nos principaux systèmes de production à laquelle nous vous invitons tous.

« La LBA entend relever les énormes défis liés à la baisse des émissions dans les secteurs stratégiques de l’énergie, de l’agriculture, de l’alimentation, de l’eau, des usages des ressources foncières, des villes, des transports et de l’industrie », a ajouté Malick Ndiaye.

Le dialogue qui se tient les 16 et 17 juin 2022 à Dakar vise à asseoir un partenariat fort avec le secteur privé national pour la construction de modèles d’affaires durables et résilientes adossés à la mobilisation de financements adaptés aux besoins d’investissement. L’objectif global est de discuter avec le secteur privé des opportunités et les moyens d’accélérer l’accès aux investissements verts et productifs et d’engager un partenariat fort avec La banque agricole dans la structuration d’un portefeuille de projets bancables assorti d’une stratégie claire pour la mobilisation de financements à court et moyen terme.

Lors de ces échanges, l’accent sera prioritairement mis sur cinq secteurs stratégiques à savoir l’agriculture ; l’énergie et les déchets ; l’eau et l’assainissement ; la foresterie et la construction, a-t-on noté dans un document transmis à la presse.

Moctar FICOU / VivAfrik