Les fruits exotiques africains attirent de plus en plus les agriculteurs français

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Dans sa rubrique « Afrique économie » paru à Radio France internationale (RFI), Alexis Bedu a signalé que les agriculteurs français ne sont pas encore très nombreux à produire des fruits et légumes exotiques africains, mais le réchauffement climatique permet dans certaines régions de s’adapter au climat tropical. Cela intéresse également les importateurs pour le marché européen qui diversifient leurs offres avec cette nouvelle production locale.

C’est l’histoire d’un agriculteur occitan tombé dans le piment. Quand il reprend l’exploitation familiale dans son petit village du Tarn-et-Garonne, Laurent Dirat veut se diversifier. Il arrête l’élevage et met au point des variétés d’autres continents qu’il a commencé à effleurer très jeune, a relaté M. Bedu.

A l’en croire, sa première récolte de piment sous le bras, il va à Toulouse à la rencontre des épiciers africains et asiatiques.

C’est là que j’ai vu, déjà, que je pouvais vendre mon produit et puis ensuite surtout que je pouvais faire d’autres produits qu’ils attendaient. Ne trouvant pas les semences, j’ai acheté des fruits, les plus mûrs, j’ai gardé les graines et puis j’ai ressemé les graines qui ne germaient pas bien au début. Et puis ensuite j’ai fait de la sélection massale. On sélectionne ses propres graines selon les critères que l’on veut. Alors moi, j’ai choisi la précocité, la rusticité puis après le calibre.

Aujourd’hui, ses 48 hectares de légumes représentent 90% de son chiffre d’affaires. Dans un de ses champs, des milliers de plants de kiwano, un concombre kényan, sont alignés.

« On a surélevé le sol d’environ 15 centimètres à peu près », indique-t-il. « Ça ne semble pas beaucoup, mais en fait, ça fait toute la différence puisque, ici, le sol est chaud donc la plante va être très poussante, l’enracinement va se favoriser. Le but, c’est que les racines puissent se croiser et exploiter toute la surface du sol », a –t-il ajouté à RFI.

Ce jour-là, raconte Alexis Bedu, un des clients de Laurent Dirat est venu visiter les installations. Yves Martel est grossiste, importateur de fruits et légumes exotiques en Europe. « La mangue, le citron vert, la papaye, le piment langue d’oiseau, piment végétarien, dachine, brède », énumère-t-il. « Une alimentation plus ethnique », souligne Yves Martel.

Le climat du Sud-Ouest permet la pousse de certains produits. Grâce à cette production locale de niche, Yves Martel évite ainsi certaines importations. Notamment pour le diakhatou du Mali et l’agbissan de Côte d’Ivoire.

« Pour faire venir de la marchandise par exemple du Mali ou de la Côte d’Ivoire, il faut faire venir 800-900 kg. Je n’ai pas la capacité de faire venir 800-900 kg d’un seul coup premièrement et puis ça tombe à un moment où le coût de production et le coût de revient est quand même inférieur au fait de faire venir sa marchandise par avion. Le fait de réduire le temps de logistique entre la production et la vente permet une meilleure fraicheur et un effet carbone non négligeable », lit-on à RFI.

Une production locale qui reste confidentielle, possible pour les fruits et légumes, à poussée végétative courte, mais irréalisable pour d’autres comme le manioc ou les ignames.

Moctar FICOU / VivAfrik