Arrêt du projet d’exploration pétrolière en RDC : Des ONG adressent une pétition au président Tshisekedi

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Un groupe de plusieurs Organisations non gouvernementales (ONG) de protection de l’environnement a adressé, mardi 26 juillet 2022, une pétition au président de la République démocratique du Congo (RDC),  Félix Tshisekedi. Une requête par laquelle elles appellent le dirigeant à exercer son autorité pour ordonner l’arrêt immédiat du projet d’exploration pétrolière et gazière, annoncé depuis plusieurs mois par le gouvernement.

Selon l’agenceecofin.com qui donne l’information, l’initiative, portée par des ONG nationales et internationales, dont Extinction Rebellion et Greenpeace, entre autres, a recueilli les signatures de plus de 100 000 personnes.

Ces protestations n’ont pas entamé la détermination du gouvernement qui a lancé, comme prévu, son cycle d’octrois de licences, jeudi 28 juillet 2022. Celui-ci va couvrir 30 blocs pétroliers et gaziers répartis sur d’importantes régions de la forêt tropicale congolaise et des puits de carbone qu’elle héberge, lit-on dans les colonnes de l’agenceecofin.com.

« Une démarche qui condamne le pays et sa riche biodiversité à la destruction », a déclaré Charity Migwi, chargée de campagne régionale pour l’Afrique de l’ONG 350.org, qui appelle le gouvernement à maximiser les investissements dans les énergies renouvelables dont le potentiel est « énorme ».

Pour Pascal Mirindi de l’ONG Extinction Rébellion, la RDC devrait envisager de jouer un rôle plus déterminant pour l’humanité. Une mission que le pays ne pourra assumer qu’en protégeant les écosystèmes critiques qu’abrite le pays.

Lors d’une conférence de presse qu’il a animée le mardi 26 juillet 2022, jour de réception de la pétition, rappelle Ecofin, le ministre congolais des Hydrocarbures, Didier Budimbu, a ironisé : « 100 000 personnes, c’est bien, mais nous représentons un pays et les intérêts de ses [près de, NDLR] 100 millions d’habitants et nous n’allons pas subir le diktat d’une ONG ». Ajoutant, plus conciliant : « On ne va pas attribuer des blocs sans mener des études d’impact environnemental ».

Une déclaration, soutenue par Tosi Mpanu Mpanu, négociateur de la RDC sur les questions climatiques. Selon ce dernier, la technologie avancée disponible dans le secteur pétrolier permet de forer des puits avec une « précision chirurgicale », sans affecter l’environnement. Un avis contesté par de nombreuses études scientifiques.

Rien n’indique pour le moment que le président congolais répondra favorablement à ces différents appels en suspendant le cycle d’appels d’offres.

Rappelons que Kinshasa a augmenté, il y a quelques jours, le nombre de blocs pétroliers et gaziers couverts par le cycle d’octrois de droits d’exploration, annoncé en RDC. Un projet, dénoncé par plusieurs organisations de protection de l’environnement qui appellent à sa suspension. 

Moctar FICOU / VivAfrik                

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