Menacé, les autorités malgaches volent au secours du parc national de Tsimanampetsosta

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C’est un écrin de biodiversité. Les forêts sèches, l’immense lac salé et les grottes de calcaire qui composent les 200 000 hectares du parc national de Tsimanampetsosta abritent une faune et une flore endémiques à 90%. Mais cet écosystème subit des pressions continues, aggravant chaque jour la situation d’espèces déjà en danger d’extinction. La direction régionale du ministère de l’Environnement vient de réunir tous les acteurs de la zone pour élaborer ensemble une stratégie plus efficace, c’est ce qu’a relayé la correspondante de RFI à Antananarivo, Sarah Tétaud.

Avec ses colonies de flamants roses (présentes surtout entre avril et décembre), son lac salé à perte de vue et sa forêt de baobabs, Tsimanampetsosta a tout d’un décor de carte postale. Mais les trésors de cette aire protégée, à commencer par les tortues radiata, en danger critique d’extinction, ont du mal à être sauvegardés.

« En l’espace de 10 ans, leur densité a diminué. C’est passé – dans certaines zones – de six individus à l’hectare à moins d’un individu à l’hectare. Les adultes femelles sont consommées. C’est une viande de fête très appréciée par certaines tribus ; ça fait partie intégrante de leur culture. Les juvéniles, eux, sont exportés, vers les pays asiatiques surtout. On nous rapporte que ce serait pour leurs vertus médicinales, mais on ne peut pas le confirmer. Enfin, la domestication de cet animal est un fléau non négligeable. Du fait de croyances ancestrales, chaque Malgache veut avoir une tortue dans sa maison. Soi-disant, ça guérirait l’asthme, les maladies des volailles, et ça agirait contre la sorcellerie. Et c’est pour ces raisons que la chaîne toute entière de la tortue est menacée », a déploré, à RFI, Soary Randrianjafizanaka, la directrice régionale de l’environnement et du développement durable de la région Atsimo Andrefana

Recrudescence des coupes de bois

Les coupes de bois sont également en recrudescence. D’après les autorités, l’augmentation des besoins en bois de construction dans les districts et villes environnantes comme Ampanihy et l’épuisement de la ressource dans les forêts limitrophes, poussent les braconniers à s’approvisionner directement dans le parc. Cependant, poursuit la directrice régionale à l’initiative de ce gros rassemblement, « personne n’est convaincu de sa responsabilité dans cette catastrophe annoncée », lit-on dans les colonnes de RFI.

Alors note, note Sarah Tétaud, il a fallu pousser les acteurs à réfléchir à de nouvelles stratégies, comme par exemple « cibler les associations traditionnelles pour vulgariser au maximum auprès d’elles les textes de loi qui régissent les tortues. Les autorités – organe mixte de conception, comités locaux de surveillance, gardes du parc) se sont mises d’accord entre elles : ils ont accepté qu’il fallait aussi appliquer la loi. Il y a une sorte de convention sociale (et coutumière, NDLR) qu’on appelle le Dina, sur les tortues, mais la plupart du temps, il n’est appliqué qu’aux vols de zébus. »

Enfin, les autorités judiciaires ont été invitées, plus que jamais, à prononcer les peines maximales contre les auteurs de ces trafics.   

Moctar FICOU / VivAfrik   

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