L’explosion d’un camion-citerne au Kenya fait au moins 3 morts

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Stupeur dans le quartier résidentiel populaire d’Embakasi, à Nairobi au Kenya avec l’explosion d’un camion chargé de bonbonnes de gaz un peu avant minuit dans la nuit du 1er au 2 février 2024. L’explosion a eu lieu sur un site de stockage « illégal », selon l’Institut pétrolier d’Afrique de l’Est. Après une nuit d’horreur, le choc et la colère montent à Nairobi. Le bilan des victimes de l’explosion s’alourdit. Suffisant pour l’inspecteur général adjoint de la police faire le point sur cet incendie qui a enflammé un entrepôt de textiles, atteignant plusieurs maisons et magasins du quartier.             

« Nous avons environ 271 personnes qui sont admises dans divers hôpitaux de Nairobi. La majorité des 140 personnes sont à l’hôpital Mama Lucy. Le reste des hôpitaux a des nombres variés : 21 ont été soignés sur place et autorisés à retourner à leur maison. Nous avons trois morts, pour le moment », a déclaré le responsable kényan.

A l’en croire, les pompiers parcouraient la zone brûlée dans la matinée à la recherche d’éventuelles victimes sous l’œil des habitants d’Embakasi.  

Des maisons détruites, des commerces brûlés… Les dégâts matériels sont importants dans le quartier d’Embakasi. Plusieurs habitants fouillent parmi les décombres pour tenter de récupérer quelques biens. Boniface Kobi lui revient de l’hôpital. Ce jeune de 29 ans a le bras et la jambe droite recouverts de bandages. « J’étais ici, chez moi, la nuit dernière quand j’ai entendu une explosion. Puis l’incendie s’est déclenché quand nous étions en train d’essayer de nous échapper. C’est comme ça que j’ai été brûlé, au bras, à la jambe et même à la tête. Je suis revenu ici pour voir si je pouvais trouver quelque part où dormir ce soir. Je n’ai plus rien, ma maison a été complètement brûlée », a-t-il témoigné à RFI.

Le drame a eu lieu dans la nuit, quand un camion chargé de bonbonnes de gaz a explosé, provoquant dans la foulée un incendie. Les secours ont été mobilisés toute la nuit, et les flammes n’ont pu être contenues que vers 9h vendredi matin 2 février 2024.

Benson Mutiso montre avec désespoir, à nos confrères de RFI, l’épicerie dans laquelle il travaillait. Le plafond s’est effondré. À l’intérieur, il n’y a plus que des débris. Benson y était la nuit dernière. « Tout est détruit. En dix minutes le feu était là, c’était énorme, il a tout recouvert, de haut en bas. Je suis toujours sous le choc. Tellement de personnes ont été blessées. Moi je n’ai nulle part d’autre où aller, pas d’autre travail. Pourtant je dois nourrir ma famille et payer mon loyer… »               

La colère a gagné les habitants. Ils dénoncent le stockage de bonbonnes de gaz dans ce quartier résidentiel très dense. Kizito Obinda et Erick Charles ont tous deux vu leur appartement détruit par les flammes. « L’explosion s’est produite quand je rentrais chez moi, il y avait des personnes qui courraient dans tous les sens, beaucoup ont été touchées… C’est très très risqué d’avoir une usine de cette sorte là où les gens habitent. » ; « C’est de la négligence. Le gouvernement doit contrôler tous ces investisseurs, qu’ils trouvent un lieu qui convienne mieux. »

L’Institut pétrolier d’Afrique de l’Est a affirmé dans un communiqué que l’explosion s’était produite sur un site « illégal » de remplissage et de stockage de gaz de pétrole liquéfié. Le propriétaire avait déjà été condamné en mai 2023. L’Autorité de régulation de l’énergie et du pétrole a elle déclaré avoir refusé à trois reprises l’année dernière des demandes d’autorisation pour l’installation d’une telle usine sur le site où a eu lieu l’explosion, à cause de la forte densité de population à proximité.

Pour Lola, résidente du quartier adjacent, les autorités doivent faire plus : « Il doit y avoir des contrôles de sécurité. Est-ce que les usines ont bien les autorisations nécessaires ? Est-ce qu’il y a des cas d’illégalités ? Les autorités ne peuvent pas se réveiller quand les populations ont été blessées. Ça me rend très triste, en tant que Kényane, de voir qu’on a pu laisser un tel incident se dérouler en 2024. »

Le vice-président du Kenya, Rigathi Gachagua, a affirmé sur le réseau social X que les responsables allaient devoir répondre de leurs actes.

Des responsables du gouvernement du comté ont été accusés d’avoir accepté des pots-de-vin pour ignorer les codes et réglementations du bâtiment.

« Des recherches sont toujours en cours pour savoir s’il y a des corps qui ont été brûlés dans diverses maisons et nous demandons aux Kényans de prier pour nous. Nous sommes attristés par un tel incident. Cela ne s’est jamais produit auparavant », affirme Babu Owino, député d’Embakasi.

Moctar FICOU / VivAfrik

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