Niger : La qualité des eaux inquiète la société civile d’Arlit

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Dans le nord du Niger, la société civile d’Arlit s’inquiète de la qualité de l’eau consommée par les populations, dans une région où est notamment exploité l’uranium depuis plusieurs décennies, a déploré Radio France internationale lundi 12 février 2024. « Nous avons écrit aux différents ministères, pour leur demander de faire des analyses pour rassurer la population d’Arlit et d’Agadez », a confié Almoustapha Alhacen, président de l’ONG Aghir In’Man, après ce constat alarmant de RFI.

L’ONG de protection de l’environnement pointe notamment du doigt le stockage du terril, un tas de déchets miniers et estime que les risques de contamination des nappes sont encore plus grands depuis la fermeture de la mine de la Cominak.

« Qu’est-ce qui a suscité notre inquiétude ? C’est-à-dire qu’il y a les résidus de traitement du minerai qui sont stockés à l’air libre. Le terril contient un peu de gel acidifié qui a contaminé la nappe. Donc, cette nappe contaminée est drainée vers l’ouest, et à moins de huit kilomètres se trouvent les champs de captage de l’eau consommée par la population d’Arlit. Alors, la Cominak nous dit qu’ils sont en train de confiner la nappe, qu’ils sont en train de la pomper, mais en tout cas tout ce qu’ils nous ont expliqué n’inspire pas confiance », a encore souligné le président de l’ONG Aghir In’Man, joint par la correspondante de RFI, Magali Lagrange, insistant sur le fait que la population mérite d’être rassurée.

Et Almoustapha Alhacen de poursuivre : « Deuxième inquiétude, il y a un rapport d’une société de la place qui dit que l’eau d’Agadez est plus contaminée que l’eau d’Arlit, alors qu’on n’a jamais les résultats de l’eau d’Arlit ».

« C’est pourquoi nous avons écrit aux différents ministères, pour leur demander en tout cas de faire des analyses pour rassurer la population d’Arlit et d’Agadez dans une zone où on exploite de l’uranium et qu’on sert de l’eau sans analyses radiologiques, nous pensons que c’est aberrant », s’est rebellé M. Alhacen.

Réagissant à ces propos, la Société de patrimoine des eaux du Niger (SPEN) a affirmé, dans un courrier adressé aux autorités locales, qu’elle va envoyer une mission sur place dans une dizaine de jours.

Moctar FICOU / VivAfrik

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