Réduction des émissions dues à la déforestation : La société civile et le secteur privé du Burkina Faso capacités sur la promotion de l’égalité des genres

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La Banque africaine de développement, à travers les Fonds d’investissement climatiques (CIF), a initié, du 27 au 31 mai 2024 à Koudougou, dans le Centre-Ouest du Burkina Faso, une session de renforcement de capacités des organisations de la société civile et du secteur privé sur l’intégration du genre dans les politiques et projets de développement ainsi que la mise en place de mécanismes de partage des bénéfices sensibles au genre.

Cet atelier visait à renforcer les compétences du secrétariat permanent du mécanisme REED+ pour la Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts des organisations de la société civile, du secteur privé et des autres parties prenantes.

« L’intégration du genre dans les politiques et projets de développement REDD+ est une grande nécessité. En abordant les besoins spécifiques des femmes et des hommes, les politiques sensibles au genre favorisent une utilisation plus équitable et durable des ressources forestières », a déclaré Daniel Ndoye, responsable du bureau pays de la Banque africaine de développement au Burkina, à l’ouverture de l’atelier. Il a ensuite réitéré l’engagement de la Banque à soutenir le Burkina Faso dans ses efforts de gestion durable et inclusive des forêts et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Expert en genre et consultant pour le Groupe de la Banque, Bruno Zouré a dirigé la formation. Son intervention a permis de clarifier le concept de genre, souvent confondu avec le sexe biologique. « Le genre, a-t-il expliqué, se réfère aux rôles, comportements et responsabilités culturellement assignés aux hommes et aux femmes ». M. Zouré a souligné que le genre ne signifiait pas une simple égalité arithmétique ou un favoritisme envers les femmes, mais plutôt une analyse des inégalités et disparités pour parvenir à une justice sociale et un développement équitable.

Les participants ont mené ensuite des travaux de groupe explorant des concepts connexes au genre tels que l’égalité, l’équité, la participation, les besoins pratiques et les intérêts stratégiques des femmes et des hommes. Des discussions sur des notions comme l’intersectionnalité, les stéréotypes de genre, la masculinité positive et la division sexuelle du travail ont enrichi la compréhension des enjeux de genre et amélioré les capacités d’analyse des participants.

L’atelier a permis également de passer en revue des outils d’intégration du genre dans les politiques et projets de développement, notamment la budgétisation sensible au genre et les systèmes de marqueurs selon le genre, ainsi que des outils cruciaux pour éviter l’exclusion des femmes et autres groupes vulnérables des mécanismes de partage des bénéfices du REDD+. Le concept « Leave no one behind » (« Ne laisser personne de côté ») et l’approche basée sur les droits humains ont été introduits, soulignant l’importance de considérer les questions de genre pour atteindre une plus grande justice sociale.

Au Burkina Faso, le contexte environnemental est marqué par une accélération de la déforestation et une augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Entre 2000 et 2022, la superficie forestière du pays est passée de presque sept millions d’hectares à un peu plus de cinq millions d’hectares, soit une perte nette de 1,83 hectare. Face à cette situation, le secrétaire permanent de la REDD+, Mamadou Batiéné, a souligné que le gouvernement burkinabè s’était engagé dans le processus REDD+ et avait adopté une stratégie nationale en 2022, complétée par des instruments de sauvegarde sociale et une stratégie genre spécifique.

Le Groupe de la Banque africaine de développement a investi de manière significative dans le pays pour soutenir la gestion durable et inclusive des forêts, la conservation de la biodiversité, et l’amélioration des moyens de subsistance des communautés locales.

Le Projet de gestion participative des forêts répertoriées pour la REDD+, exécuté entre 2014 et 2022 dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’investissement forestier des Fonds d’investissement climatiques, a constitué un véritable tremplin pour promouvoir des technologies innovantes qui contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. À ce titre, des foyers améliorés ont été mis à la disposition des communautés partenaires, en particulier des femmes. 

Les foyers améliorés, en réduisant la consommation de bois de chauffe et la production de fumée, allègent la pression sur les forêts et améliorent de manière significative la santé des femmes et des enfants en diminuant les risques de maladies respiratoires et autres problèmes liés à la pollution intérieure. Le projet a également soutenu des activités spécifiques ciblant les femmes, notamment leur formation aux techniques et à la gestion de l’exploitation des produits du bois.

Le mécanisme REDD+, lancé dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), vise non seulement à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à promouvoir des avantages non liés au carbone tels que la réduction de la pauvreté, la conservation des écosystèmes forestiers et le développement durable. L’intégration du genre est essentielle pour garantir que tous les segments de la population bénéficient équitablement des initiatives REDD+ et pour renforcer la résilience communautaire face aux défis environnementaux.

Un voyage d’échanges Sud-Sud, sur la mise en place d’un système d’information sur les sauvegardes REDD+, y compris le mécanisme de partage des avantages tenant compte de la dimension de genre, est programmé en Côte d’Ivoire en septembre 2024.

Avec afdb.org

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