Le Mali à l’heure d’une transition énergétique durable vers des projets en EnR

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L’Organisation non gouvernementale (ONG) Enda Energie Sénégal a organisé à Dakar, du 14 au 15 novembre 2018, un atelier de partage sur la dissémination des résultats du projet Accélération de la mise en œuvre des politiques régionales sur l’énergie propre en Afrique de l’Ouest (ACE-WA) notamment sur la dimension sociale des centrales et projets d’énergies renouvelables dans la sous-région.

La rencontre est tenue en marge du Forum régional de la CEDEAO sur les énergies nouvelles et renouvelables en Afrique de l’Ouest.

Ce forum de dissémination sous régionale a réuni plusieurs organisations non gouvernementales du Projet Accélération de la mise en œuvre des politiques régionales sur l’énergie propre en Afrique de l’Ouest (ACE-WA). Il s’agit des ONG partenaires du projet à savoir, le Sénégal (Enda Energie), du Burkina-Faso, du Mali (Mali Folkecenter Nyètaa),  et des parties prenantes du projet, notamment le Togo,  la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Niger.  Les thématiques au centre de ce « side event » ont été axées sur la dimension sociale des centrales et projets d’énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest. La question était surtout : quelle  approche à adopter pour une transition énergétique juste et durable des projets d’énergies renouvelables.

De bons points pour la promotion des centrales et projets d’énergie renouvelable dans la sous-région et de belles perspectives pour consolider les acquis du ACE-WA qui prend fin début 2019 mais aussi pour l’élaboration des perspectives pour l’année 2019-2021. Cet atelier de deux jours a permis à chaque ONG de partager ses résultats.

Dimingue Nanasta d’Enda-Sénégal a fait l’état des lieux dans son pays, marqué par la promotion fulgurante de la construction des centrales et projets d’énergie renouvelable dans lesquels les communautés sont associées ; la formation des OSC et des hommes de médias sur les énergies renouvelables et les plaidoyers dans des fora, etc.

Pour Ousmane Ouattara, directeur exécutif de Mali Folkecenter Nyetaa, le Projet ACE-WA a permis au Mali de relancer les débats sur les énergies renouvelables pour influencer davantage les politiques nationales en matière d’énergies renouvelables. Il a également souligné le volet formation qui a permis de renforcer la capacité des journalistes, d’enrichir leur langage dans le domaine énergétique mais de mettre sur les fonts baptismaux, le magazine Yeleen.

A cela s’ajoute la formation d’écoliers, de communautés sur les énergies renouvelables, leur impact. Il faut noter la promotion des centrales solaires (10 % d’ici 2030) et l’électrification des écoles communautaires à travers les énergies photovoltaïques. La problématique en cours est la défiscalisation des équipements solaires et leur homologation par les services d’Etat. Par rapport au dernier volet, il est envisagé par l’Etat malien la mise en place d’un laboratoire de contrôle de qualité.

Le pays prévoit la mise à disposition de 37,5 MW d’ici 2030 d’énergies photovoltaïques

Pourtant les études d’impact environnemental et social devraient normalement permettre de gérer des manquements (en termes de création d’emplois, d’accès à l’énergie à la population locale, de protections des terres…). Cependant, pour la Coalition ACE-WA, sous la coordination de Djimingue Nanasta, gestionnaire de projet à Enda Energie Sénégal,  il existe bien des exemples de bonnes pratiques pouvant être utilisées pour éclairer la mise en place des projets d’énergie renouvelables  pour une transition énergétique juste et durable.

Pour l’ONG CEAS du Burkina Faso, ACE-WA a permis, entre autres, la mise en œuvre effective de la coalition, l’implication des organisations de la société civile dans la mise en œuvre des programmes et projets énergétiques du gouvernement, le renforcement de la capacité des OSC intervenant dans le domaine des énergies renouvelables, l’introduction de curricula dans l’enseignement technique et professionnel du pays, etc.

Au niveau des pays membres associés, le projet ACE-WA, piloté par l’ONG Jeune volontaire de l’environnement (JVE), a permis au Bénin de faire la promotion et d’attirer l’attention des autorités sur les énergies renouvelables avec l’absence de politique nationale mais aussi de former des élus locaux et des écoliers sur les énergies renouvelables et des associations de fumage de poisson et des boulangers traditionnels ont aussi reçu des formations sur l’utilisation de fours améliorés. Il faut ajouter la dotation des écoles de sources énergétiques propres, etc.

En  Côte d’Ivoire, malgré le fait que le pays n’affiche pas de déficit énergétique, le projet a permis de sensibiliser les populations et d’attirer l’attention également des politiques sur l’utilité des énergies renouvelables. Cela a permis au pays de se doter d’importants projets d’énergies propres et de créer des structures en charge de la promotion des énergies renouvelables. Le pays prévoit la mise à disposition de 37,5 MW d’ici 2030 d’énergies photovoltaïques et de 350 MW pour les biomasses dont les travaux ont été lancés à travers le pays.

Au Togo, le projet a permis la création du Réseau climat et développement, le renforcement de la capacité des élus locaux dans la mise en œuvre des contributions déterminées des pays adoptées à la Cop 21 de Paris, etc. Au Niger le projet aurait permis d’influencer les politiques énergétiques, où la révision constitutionnelle a permis d’insérer le droit à l’énergie des citoyens, etc.

Après trois ans de constat dans les trois pays d’intervention du projet, des insuffisances ont été identifiées dans la mise en œuvre des projets des centrales d’énergie renouvelable. Il s’agit, entre autres, de l’absence mécanismes de création d’emplois, d’accès à l’énergie à la population locale, de protections des terres…

Face à cette situation, les ONG invitent les autorités politiques de la sous-région à :  s’assurer d’une bonne communication et de la transparence dans l’élaboration et la mise en œuvre des projets en impliquant les acteurs de développement local pendant toute la durée du projet ; s’assurer de la qualité de la participation de la population ; prioriser les riverains en terme d’accès à l’électricité ; s’assurer de la prise en compte de la création d’emplois durables dans la localité du projet, etc.

Perspectives

Pour la poursuite des activités courant 2019-2021, les ONG affiliées au projet ACE-WA projettent plusieurs thématiques en vue de la promotion de l’énergie propre en Afrique de l’Ouest : “Fiscalité des équipements des ER importés”, “déchets des équipements des ER : intégration des ER dans la planification locale de développement”, “contrôle de qualité des équipements et normalisation”, “harmonisation des tarifs”, “promotion du secteur privé local”, etc.

Pour l’exécution de ces thématiques, les ONG sollicitent l’appui de la CEDEAO et de son partenaire danois Inforse WA.

Les ONG de la Coalition ACE-WA ont sollicité l’agence Ecree de la Cédéao en charge de la promotion des énergies renouvelables à faire respecter les recommandations citées dans la gestion des projets de centrales solaires pour une transition juste et durable des projets des énergies renouvelables.

Avec maliweb.net

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