Près d’un 1 million de Somaliens confrontés à la sécheresse

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Alerte rouge en Somalie ! Des milliers de Somaliens, déstabilisé par des années de conflits interethniques et un accès réduit aux services sociaux les plus élémentaires, font aujourd’hui face à la sécheresse.

Suffisant pour les organismes d’aide de tirer la sonnette d’alarme sur l’absence de précipitations dans certaines parties de la Somalie qui ont aggravé la sécheresse dans le nord du pays, mettant en danger de famine près d’un million de personnes.            

Le changement climatique serait l’une des principales causes des conditions climatiques difficiles dans le pays de la Corne de l’Afrique qui a souffert de sécheresses répétées, d’inondations et de cyclones dévastateurs au cours des dernières années.

Selon un récent rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés, les régions du nord de la Somalie ont reçu moins de précipitations que la normale l’an dernier, certaines parties n’ayant reçu que 25 à 50 pourcent des précipitations moyennes. Conséquence, la malnutrition s’accentue, jusqu‘à toucher les enfants des camps de déplacés.

«La sécheresse est dans la région et nous avons faim, explique une habitante du pays. Nous tuons des dik dik (de petites antilopes) et c’est comme cela que nous survivons. La situation d’ensemble est très difficile : nous avons faim et c’est pareil dans toute la région, dans tout le pays.»

Pour sa part, Mukhtar Hussein Jimale, directeur général du ministère des Affaires humanitaires et de la Gestion des catastrophes a déclaré que « l’insécurité alimentaire a touché non seulement les personnes déplacées, mais aussi les communautés d’accueil. Les femmes et les enfants restent les plus touchés dans les régions concernées. Les conditions resteront probablement les mêmes jusqu‘à ce qu’une stratégie soit mise en œuvre pour que les familles vulnérables puissent surmonter les chocs climatiques ».

Au cours des 25 dernières années, la Somalie a été victime d’un cycle de sécheresses prolongées, dont le plus récent s’est produit en 2016 et 2017, alors que les pluies n’ont pas été suffisantes pendant trois saisons consécutives.

Malheureusement, les images de sécheresse du pays sont tellement familières qu’elles font rarement les gros titres des journaux. Mais la situation en Somalie est devenue désespérée. La récente sécheresse a provoqué des pics de pénurie alimentaire, de malnutrition, de choléra et d’autres maladies; elle a également conduit les habitants des zones rurales à se réfugier dans les villes. En 2017, les projections annonçaient un nombre de 1,2 million d’enfants souffrant de malnutrition aiguë. 80 000 enfants contraints d’arrêter de fréquenter l’école et 120 000 autres risquant d’abandonner.

Repenser la politique de développement

Et comme pour enfoncer le clou, les conflits qui opposent les troupes du Puntland et du Somaliland dans la région de Sool, ont augmenté le nombre de déplacés d’environ 10 000 personnes.

Mogadiscio et les organismes d’aide internationale ont par ailleurs souligné l’urgence d’agir, et appelé à la cessation immédiate de la violence dans la région. Par ailleurs, ils cherchent maintenant plus d’un milliard de dollars pour atténuer la crise humanitaire dans le pays.

Ce sont, à ce jour, quelque 4,2 millions de personnes qui sont dans l’attente de cette aide humanitaire, en baisse par rapport aux 6,2 millions de l’année dernière. Une amélioration qui s’explique du fait du financement soutenu des donateurs et les bonnes pluies de l’année dernière.

Mais la situation reste inchangée pour les familles déplacées qui ont fui la sécheresse et la famine il y a près de huit ans. Elles vivent toujours dans des conditions déplorables dans des camps situés autour des grandes villes, dont Mogadiscio, qui accueille le plus grand nombre.

Aux grands maux les grands remèdes. Le gouvernement et les Nations unies ont dès lors été exhortés à adopter une nouvelle approche qui permettra aux agriculteurs et aux éleveurs de rester dans leurs régions en veillant à ce que l’aide au développement atteigne les zones touchées par la sécheresse.

Cela permet aux décideurs d’accéder à un pool commun d’informations, d’y ajouter des données dès qu’elles sont disponibles et de prendre des décisions fondées sur des données d’observation. En utilisant les données de l’évaluation comme point de référence, les résultats des interventions prévues dans le cadre de rétablissement et de résilience peuvent être suivis au fur et à mesure.

Moctar FICOU / VivAfrik           

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