Mauritanie : accompagnent nécessaire pour le camp de réfugiés de Mbera

0

Situé dans les terres arides du Sud-Est de la Mauritanie, environ 55 000 réfugiés maliens vivent dans des conditions d’exile prolongé, depuis le début du conflit armé dans le Nord – Mali en 2012 dans le camp de réfugiés de Mbera. Le camp de Mbera qui regroupe plus de 55 000 réfugiés maliens a un taux de 58% d’enfants.

Alors que la situation au Nord du Mali demeure instable, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) continue à assurer l’accès aux services de base, mais aussi à promouvoir l’autonomie des réfugiés à travers des interventions pour réduire leurs dépendance vis à vis de l’aide humanitaire, en renforcent leurs moyens de subsistance et leur accès à l’éducation et aux activités génératrices de revenus dans le camp.  

Ce camp se trouve à l’extrême sud de la Mauritanie, à 60 kilomètres de la frontière malienne. En six années, il a accueilli 55 000 réfugiés. Si l’afflux a diminué, il ne s’est pas arrêté. En 2018, 6 000 nouveaux arrivants ont été comptabilisés.

« Ils attaquent les gens sur la route, ils leur prennent tout et puis ils les tuent. J’ai perdu beaucoup de voisins comme ça dans mon village. J’ai aussi été attaqué, c’est pour ça que je suis venu ici », témoigne Omar, un réfugié malien.

Rencontré dans le camp, Omar et les sept membres de sa famille dans le centre d’enregistrement du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR). En moyenne, 20 familles arrivent ici chaque semaine. L’enregistrement de leurs données biométriques et personnelles est la première étape pour obtenir le statut de réfugié et une aide humanitaire. Le HCR, qui gère le camp, dénonce le manque de sensibilisation à cette crise des réfugiés.

« Nous ne recevons pas les fonds dont nous avons besoin. Au HCR Mauritanie, nous avons couvert 15% des besoins jusqu’en 2018. En décembre dernier, seulement 5% des besoins du Programme alimentaire mondiale (PAM) en termes de distribution de nourriture ont été couverts. 5%, cela signifie que nous ne pouvons pas nourrir les gens qui sont ici », explique Fadela Novak du HCR Mauritanie.

En 2018, le HCR a distribué plus de 2600 kits d’abris mais des milliers de familles sont toujours dans l’attente. En attendant, elles se contentent de ce qu’elles ont. Les familles sont parfois bloquées ici pendant des mois avant de pouvoir réunir ce qu’il leur faudra pour construire leur nouvelle maison.

« Le conflit au Mali focalise toute l’attention alors que le poids supporté par les pays voisins pour aider les réfugiés malien est à peine visible. C’est l’avertissement lancé par le HCR alors que des milliers de réfugiés en Mauritanie ont commencé l’année 2019 sans sécurité alimentaire et sans abri », souligne le journaliste Monica Pinna.

« Quel est le meilleur moyen de les protéger contre les abus et le mariage précoce, voire de leur éviter d’être recrutés par des groupes armés ? C’est l’école, » indique Monica Pinna.

Environ 300 enfants sont scolarisés au niveau collège-lycée. Les cours ont lieu dans une tente en attendant qu’une école soit construite avec le soutien du service européen à l’aide humanitaire. Ils respectent le programme malien et intègrent des leçons d’arabe.

Besoin d’enseignants expérimentés

Trouver des professeurs expérimentés, c’est l’un des défis que doivent relever le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et l’UNICEF qui coordonnent la scolarisation dans le camp.

Mohamed Attacher, enseignant, nous explique son parcours : « J’ai fait mes études au Mali, je suis sorti d’un institut de formation des maîtres en tant que spécialiste en maths, physique, chimie niveau second cycle. »

Moctar FICOU / VivAfrik                         

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here