Le HCR vole au secours des migrants

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Même s’il y a un peu moins de morts lors des traversées que l’an dernier, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a invité les décideurs à « renforcer d’urgence les secours en mer ». Le HCR est visiblement scandalisé par le naufrage le plus meurtrier de ces derniers mois survenu au large des côtes tunisiennes dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 mai 2019 avec à la clef soixante-cinq migrants morts noyés. Cependant, l’ONG se réjouit de la hausse des sauvetages en mer en fin de semaine dernière avec l’intervention de la marine maltaise, de la marine italienne et du navire humanitaire Mare Jonio.

Le HCR explique que 164 personnes sont mortes en tentant la traversée de la Méditerranée centrale depuis le début de l’année. C’est un peu moins que l’an dernier, mais proportionnellement beaucoup plus qu’avant. Suffisant pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés d’appeller à « renforcer d’urgence les secours en mer ».

Le HCR est de plus en plus inquiété par le voyage mortel. C’est ce qu’a expliqué Charlie Yaxley, porte-parole du HCR pour la Méditerranée et la Libye. « Ce qui nous inquiète particulièrement, c’est que le voyage est de plus en plus mortel pour ceux qui l’entreprennent. Sur les quatre premiers mois de l’année, au départ de la Libye, sur quatre personnes qui ont entrepris la traversée, trois ont atteint les côtes européennes et une est morte en mer. C’est un taux de mortalité ahurissant et qui appelle à une action urgente. Sans cette action, on peut être quasi sûrs qu’il y aura des conséquences tragiques. »

Une mobilisation urgente des États et des ONG sur cette question est une nécessité. « Il y a un énorme besoin de renforcement des moyens de sauvetage en Méditerranée centrale. Ce week-end il y a eu plusieurs opérations de secours qui se sont bien passées heureusement, par la marine maltaise, la marine italienne, mais il est essentiel que les États et les ONG aient des navires dans la zone pour aider à sauver des vies en détresse en pleine mer », a dit M. Yaxley.

Le porte-parole du HCR pour la Méditerranée et la Libye appelle en outre à une meilleure coordination dans la zone. « Il faut plus de navires et il faut dans le même temps que les États européens se mettent d’accord avec les pays de la région pour définir un mécanisme clair et prévisible pour le débarquement des gens sauvés en mer. Il y a des signes positifs, par exemple lorsqu’une poignée de pays se mettent d’accord pour accueillir un navire et répartir équitablement les migrants et réfugiés, mais ça arrive après des jours voire des semaines d’errance en mer », a-t-il affirmé.

Dénonçant la gestion au cas par cas des sauvetages, qui intoxique par ailleurs le débat politique. « Cette approche au cas par cas alimente les forces populistes. Elle alimente la politique de la « crise » et le sentiment d’urgence. C’est vraiment dans l’intérêt de tous que les États doivent se rassembler et se mettre d’accord sur un mode opératoire qui permette aux commandants de navires de savoir exactement où et comment ils peuvent débarquer des rescapés. Ça permettra de sauver des vies, et de réduire la toxicité du débat politique ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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