Le risque de famine en Somalie et en RDC relayé par la presse en ligne

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Si en République démocratique du Congo (RDC), 13 millions de congolais sont en insécurité alimentaire extrême, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la Somalie, elle fait face à un risque important de famine en raison de l’une des pires sécheresses vécues depuis des décennies. L’alerte lancée mercredi 5 juin 2019 par le Secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock ainsi que la situation alimentaire de la RDC n’ont pas été occultées par les quotidiens en ligne.

« RDC : 13 millions d’affamés attendent le gouvernement Ilunga Ilunkamba », a titré le journal deskeco.com. Publié le jeudi 30 mai dernier, le rapport du PAM interpelle au plus haut point le prochain gouvernement qui tarde à être mis en place. Il est inadmissible qu’en RDC 13 millions des Congolais souffrent de famine extrême alors que le pays a de quoi nourrir l’Afrique entière. 

Le Programme alimentaire mondial (PAM), en alertant le jeudi 30 mai dernier son rapport sur la faim, indexe, selon le média, directement les dirigeants Congolais sur leur responsabilité régalienne : assurer les besoins primaires à leur population.

« La crise alimentaire qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) est la deuxième crise alimentaire dans le monde en termes de gravité après celle au Yémen », telle est la réalité décrite par le document.

La même source affirme que le Représentant du PAM en RDC, Claude Jibidar qui intervenait sur ONU Info, note que « les paysans en RDC mangent parce qu’ils peuvent cultiver et récolter, mais comme nous avons eu jusqu’à 4,5 millions de personnes déplacées dans ces zones rurales. Ce sont des gens qui n’ont pas pu continuer à cultiver. Cela a continué pendant plusieurs saisons agricoles et la situation s’est détériorée avec le temps ».

Pour sa part, matininfos.net qui confirme cette alerte du PAM, titre sa Une : « 13 millions de congolais en insécurité alimentaire extrême : Le PAM alerte sur l’aggravation de la situation si rien n’est fait ».

Dans le dessein de répondre à cette crise, le PAM continue de renforcer son aide alimentaire et nutritionnelle en ciblant 5,1 millions de personnes cette année, dont 1,5 million reçoivent une assistance nutritionnelle, apprend-on de cette source.

Qui révèle que l’agence se concentre notamment sur l’aide aux personnes déplacées en visant les sites de déplacés mais aussi les sites de retour.

« Les déplacements en RDC sont fréquents, mais ils ne sont pas nécessairement de longue durée » a a confié Claude Jibidar à nos confrères. Il s’agit, à ses yeux, des conflits spontanés qui font que les gens fuient leur village. Ici, le PAM essaie d’aider les gens à retourner chez eux.  Car en RDC, il est possible d’avoir deux ou trois récoltes par an. Donc, a-t-il relevé, si les gens sont aider à planter dans l’espace de quelques, il y a possibilité de leur donner la capacité de pouvoir se prendre en charge en termes de nourriture.

Dans une interview accordée à rfi.fr, M. Jibidar va même plus loin et affirme : « alors, c’est 13 millions qui sont effectivement dans une situation extrême, mais c’est aussi 27 autres millions qui ne mangent pas nécessairement à leur faim, en quantité et en qualité. Ce qu’on a aujourd’hui en RDC, c’est la conséquence d’abord d’une situation qui s’est détériorée grandement au cours des deux, trois dernières années, avec une intensification des conflits, une intensification des déplacements de population. Et j’insiste vraiment sur ces problématiques de déplacements des populations parce que les gens ici vivent de l’agriculture. Cela veut dire que ces gens quand ils sont déplacés, quand ils sont éloignés de leurs terres, ce sont des gens qui ne peuvent pas produire. Donc effectivement, c’est une situation qui est grave ».

S’agissant de la Somalie, un communiqué signé par le Secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock et relayé par lefigaro.fr annonce que « les prévisions pour la saison des pluies en Somalie (entre avril et juin) vont se traduire par l’une des pires sécheresses survenues au cours des 35 dernières années ».

Le journal informe en outre que l’ONU a débloqué en urgence 45 millions de dollars pour aider la population, notamment en eau et en nourriture en Somalie mais aussi dans certaines régions de l’Ethiopie et du Kenya. Sur cette somme, environ 30 millions de dollars sont destinés à la Somalie, où 2,2 millions de personnes risquent la famine d’ici à septembre. Environ 3,2 millions de personnes supplémentaires risquent d’avoir des difficultés à s’approvisionner en nourriture sur la même période.

Le site d’information afrique.tv5monde.com reprenant les dires du responsable de l’ONU ajoute de son côté ceci : « les communautés déjà touchées par les sécheresses passées sont de nouveau confrontées à la faim et à la pénurie d’eau, accentuant leur vulnérabilité aux maladies mortelles contagieuses. Les agences humanitaires en Somalie sont déjà dépassées et subissent un sérieux manque de financement ».  

Si l’on se fie à cette source, qui rappelle que la Somalie a déjà connu deux famines meurtrières en 1992 et 2011 pour cause de sécheresses, exacerbées par le conflit secouant le pays, l’ONU a besoin d’1,09 milliard de dollars cette année pour l’aide à apporter à ce pays, mais seulement 22% de cette somme ont été obtenus.

Moctar FICOU / VivAfrik

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