Le Cameroun et l’UE lancent un programme de financement de la recherche

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Le déficit de moyens de financement a obligé le ministère camerounais de la Recherche scientifique et de l’innovation et l’Union européenne (UE) a lancé un programme de financement de la recherche. Ce projet, bien accueilli par les chercheurs, leur permettra de faire face au manque de moyens.  

Des porteurs d’innovations, à l’instar de Serge Armel Njidjou dont le projet est une couveuse néonatale entièrement interactive qui vise à sauver la vie des enfants prématurés seront accompagnés.

L’ingénieur a été récompensée par plusieurs prix tel que celui de l’innovation lors des Journées d’Excellence de la Recherche Scientifique et de l’Innovation au Cameroun, ou encore celui du projet innovant pour les femmes en Afrique décerné en mai 2019 par l’Agence française de développement (AFD) dans le cadre du Digital challenge.

Grâce à ces récompenses, M. Njidjou a gagné 10 millions de franc CFA (environ 15 000 euros). Une modique somme vue comme une goutte d’eau dans la mer. En termes clairs, ce budget ne suffit pas pour assurer la finalisation de son projet de mini unité de production à la chaîne de couveuses à Bafoussam.

Serge Armel Njidjou n’est pas le seul porteur de projets qui fait face au manque de financements. Le concepteur de l’application AGROPAD qui permet aux agriculteurs d’irriguer leurs champs à distance par simple SMS travaille sur sa nouvelle innovation, un robot qui sème et désherbe. Mais Erik Gyslain Tiam Dzembouong se heurte également au manque de financements. « Nous avons besoin d’acquisition foncière pour avoir nos propres champs d’expérimentation, nous devons recruter davantage, mais aussi avoir des locaux plus appropriés. Tout cela nécessite des fonds, sans lesquels nos projets ne seront pas économiquement viable », a-t-il affirmé. Il s’avère quela recherche scientifique camerounaise demeure freinée par des difficultés de divers ordres dont la principale est l’accès aux financements.

« Le programme est ouvert à toutes les initiatives dans le domaine de la santé, l’agriculture et les technologies de l’innovation et de la communication »

Pour renverser la tendance, la ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation, Madeleine Tchuente, a pris part avec Hans Peter Schadeck, chef de la délégation de l’UE au Cameroun le 8 octobre 2019 à Yaoundé à la cérémonie de présentation du programme « Horizon 2020 » de l’Union européenne (UE) consacré au développement de la recherche technologique.

Doté d’un financement de 80 milliards de francs CFA (près de 122 millions d’euros) pour la période 2014-2020, ce programme entend soutenir les projets innovants et leur simplifier l’accès au financement. « Le programme est ouvert à toutes les initiatives dans le domaine de la santé, l’agriculture et les technologies de l’innovation et de la communication (…). Les soutiens financiers alloués passent par de l’appui aux centres de recherches et aux chercheurs, à travers des appels à propositions ou des subventions directes accordées aux bénéficiaires », renseigne Aliou Abdoullahi, le chef de la cellule d’appui à l’ordonnateur national du Fonds européen de développement (FED).

« La recherche au Cameroun n’est pas à la hauteur de ce qu’elle pourrait être. Nous espérons pouvoir la propulser à la hauteur des potentialités que nous lui savons, c’est-à-dire énorme », a laissé entendre Fadila Boughanemi, chef d’unité à la direction générale de la commission européenne lors d’une visite au Cameroun en début octobre dernier.

Ce projet est vient soulager les porteurs de projet qui ont postulé en grand nombre pour bénéficier de ces ressources. Selon les deux parties, une centaine de projets retenus devront suivre avant la fin de cette année, une formation sur les formalités d’accès aux financements du programme. Depuis son lancement en 2013 le programme Horizon 2020 a financé 310 projets en Afrique dont 50 au Maroc et 126 en Afrique du Sud.   

Moctar FICOU / VivAfrik  

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