Le manque d’eau menace le Maghreb

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Les disponibilités en eau courante ont diminué de 60 % depuis quarante ans en Afrique du Nord. La modification de la pluviométrie liée au réchauffement climatique, le mauvais entretien du réseau et l’insuffisance d’infrastructures d’épuration sont en cause dans cette impasse inquiétante, qualifiée par les experts de stress hydrique. Dont les premières victimes sont les petits paysans de la région. En février 2020, Arezki Barraki, ministre des ressources en eau, assure que « L’Algérie n’est pas en situation d’alerte ou de stress hydrique ». Pourtant, ce pays et ses voisins n’atteignent plus le seuil de 1 000 m3/habitant/an au-dessous duquel la vie sociale et le développement économique sont difficiles selon le chercheur suédois Martin Falkenmark. Si bien que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) 1 et le World Ressources Institute (WRI) 2 ont, contrairement au ministre algérien, déclaré le Maghreb en état de stress hydrique élevé. Les stocks d’eau diminuent, car ils dépendent en grande partie de la pluviométrie. « La quantité de pluie qui tombe annuellement n’a pas baissé considérablement », tempère Jamila Tarhouni. Selon la directrice du laboratoire de Sciences et technologies de l’eau à l’Institut national agronomique de Tunis, « ce qui a changé, c’est la concentration des épisodes pluvieux. Alors que la pluie s’étalait dans le temps et profitait aux sols, la durée des précipitations actuelles est courte quand la quantité peut être grande. Cela provoque des inondations et des érosions, car nos surfaces sont altérées par la déforestation et l’urbanisation ». « Les épisodes pluvieux, en plus d’être courts, sont immédiatement suivis d’un temps ensoleillé et sec, ajoute Malek Abdesselam, maître de conférences en hydrogéologie à Tizi-Ouzou. Dans ces conditions, l’eau s’évapore vite et la ponction des nappes souterraines s’intensifie : la pluie n’empêche plus le pompage des eaux par les agriculteurs. » Les pays du Maghreb augmentent leur capacité à stocker les eaux de surface. Le Maroc dispose ainsi de 144 barrages, chiffre dont l’Algérie veut se rapprocher d’ici 2030. La Tunisie a 34 unités, le double de la Libye qui en compte 16, relaye orientxxi.info.         

Covid-19 et eau potable : l’Etat en première ligne

La crise sanitaire démontre la nécessité d’une reconnaissance juridique du droit à l’eau potable et à l’hygiène pour tous sur le territoire, tant métropolitain qu’ultra-marin, estime un collectif d’associations. Le geste est simple et la consigne maintes fois répétée: se laver les mains avec de l’eau et du savon est une règle d’hygiène de base qui sauve des vies face à la maladie de Covid-19. Mais pour 2,2 milliards de personnes, vivant sans accès à l’eau potable, ce conseil de bon sens est impossible à mettre en œuvre au quotidien: comment se laver les mains régulièrement si vous n’avez pas d’eau à disposition ? L’épidémie de Covid-19 rend visible de manière plus forte encore les injustices face à l’accès à l’eau. Aujourd’hui dans le monde, près d’un tiers de l’humanité n’a toujours pas accès à l’eau potable. Combien de temps ces personnes devront-elles encore attendre pour en bénéficier? L’eau est un service essentiel, un droit fondamental reconnu en tant que tel par les Nations unies: ce n’est pas un privilège. Les gouvernements doivent agir maintenant et de manière urgente et organisée, afin d’enrayer la crise. Si la mise en place des gestes barrières comme le lavage des mains est au cœur des conseils au public, l’approvisionnement en eau potable doit être au cœur de l’action et des priorités gouvernementales. En France, le manque d’accès à l’eau pèse fort sur les personnes les plus vulnérables, en particulier les personnes précaires, vivant à la rue, dans des bidonvilles ou des squats. Avant la pandémie, 80% des squats et bidonvilles en métropole n’avaient aucun accès à l’eau et 235 000 personnes vivaient à la rue ou dans des habitats de fortune. Au total, en France métropolitaine, il s’agit de plus d’un million de personnes vivant au quotidien sans un accès permanent et abordable à l’eau potable, apprend-on de liberation.fr.  

Le secteur de l’eau et de l’assainissement organise la reprise des chantiers

Le mardi 12 mai 2020, la secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon, a réuni par téléphone les présidents de comité de bassin et le président du comité national de l’eau, au sujet de la reprise des chantiers d’eau et d’assainissement. Pendant le confinement « les chantiers de renouvellement de canalisations, les grosses opérations de maintenance, ou encore les travaux de sécurisation ont été dans une large majorité arrêtés ou différés », rappelle le ministère de la transition écologique et solidaire. Alors qu’un nombre encore important de chantiers n’ont pas repris, Emmanuelle Wargon a contacté les présidents des comités de bassin et le président du comité national eau. Pour aider le secteur de l’eau à faire face à cette crise sanitaire, le ministère rappelles les mesures mises en place par les agences de l’eau : aides aux collectivités et aux industriels pour faire face au surcoût de la gestion des boues non hygiénisées dont l’épandage direct a été interdit par précaution ; accélération du verseent des acomptes de subventions et de primes pour soulager la trésorerie des maîtres d’ouvrage et des entreprises ; ou encore la simplification des procédures et le rallongement des délais des conventions et appels à projets. « Les Agences de l’eau préparent également des adaptations temporaires de leurs règles d’intervention pour soutenir la reprise des investissements dans le domaine de l’eau, en faveur des services d’eau et d’assainissement », précise le ministère dans les colonnes du site d’information environnement-magazine.fr. 

Moctar FICOU / VivAfrik           

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