Le thé sud-africain rooibos se dote de la certification européenne AOP

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Le thé sud-africain rooibos a franchi une étape importante. En effet, depuis le 28 mai 2021, il est protégé par une Appellation d’origine contrôlée (AOP). Une certification européenne exigeante, qui protège le savoir-faire et le terroir de ce produit. Seules les feuilles de rooibos cultivées et transformées dans la province du Cap-Occidental et une partie du Cap-Nord, pourront désormais être vendues sous cette appellation dans l’Union européenne (UE) et plusieurs autres pays. C’est la première fois qu’un produit africain est enregistré comme AOP. Avec ce nouveau logo, l’industrie espère améliorer sa visibilité sur le marché européen. La demande d’échantillons a déjà augmenté pour tester le produit.

Un massage, et une tasse de rooibos. C’est l’expérience haut de gamme proposée chez ce grossiste en thé dans la ville du Cap. Le rooibos comme source de bien-être et de relaxation. C’est l’image véhiculée par ce thé qui gagne en popularité en Europe confirme Jody responsable du magasin. « On vient juste de préparer une grosse commande pour l’Allemagne. C’est le pays qui nous commande le plus régulièrement du rooibos. Les Pays-Bas sont aussi de gros consommateurs. »

À la troisième place, le Royaume-Uni complète ce top 3 européen des plus gros consommateurs de rooibos. Avec le nouveau logo AOP sur l’emballage, Nicie Vorster, directeur du Conseil Sud-Africain pour le rooibos, espère gagner de nouvelles parts de marché.

A ce propos, il laisse entendre : « c’est une grande victoire pour le rooibos, ça fait plus de dix ans qu’on travaille dessus. On pense qu’on peut augmenter notre volume d’exportation et améliorer le statut de ce produit ».

La filière a reçu le précieux soutien de la province du Cap-Occidental. Avec 300 fermes commerciales et 5 000 emplois, le gouvernement régional veut protéger l’industrie du rooibos. Dirk Troskie du département d’agriculture a retenu la leçon de l’année 1996 quand le États-Unis avaient déposé le nom rooibos. « Après cet épisode, on s’est demandé comment aider l’industrie pour que ce genre de chose ne se reproduise plus. Et c’est à ce moment-là que la province du Cap-Occidental s’est intéressée au concept d’indication géographique. »

Les indications géographiques intéressent les producteurs africains. 191 IG sont enregistrées sur le continent. Elles sont un outil de promotion et de développement local explique Sybille Slattery en charge des IG auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation (FAO). « En général, quand il y a une filière avec une appellation géographique, il y a une augmentation de la valeur ajoutée perçue par les acteurs de la filière. Et si les choses sont correctement faites, cette augmentation de la valeur ajoutée est aussi redistribuée aux producteurs. »

Contrairement à l’AOP européenne, le cahier des charges des indications géographiques est beaucoup moins exigeant. À voir maintenant si sur l’étagère des supermarchés, c’est l’AOP qui est préférée.

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec RFI

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