Le Maroc mise sur des prières pour faire venir la pluie après cinq années de sècheresse

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Dans toutes les mosquées du Maroc, des prières ont été prononcées vendredi 4 février 2022 dans l’espoir de faire tomber la pluie dans ce pays du Maghreb frappé par la sécheresse, a-t-on appris des services du ministère des Affaires islamiques.

Rappelons que le Maroc a traversé cinq années de sècheresse, appelées à durer avec le réchauffement climatique. Tout en développant les projets d’usines de dessalement, les autorités ne sont pas contre un coup de main du ciel.

Le royaume chérifien a vu son économie, déjà durement touchée par la crise sanitaire, très dépendante de l’agriculture, premier contributeur du Produit intérieur brute (PIB), à hauteur de 14 %.

Sur ordre du roi Mohammed VI, « l’invocation de Dieu pour la demande de la pluie » s’effectuera dans l’ensemble des mosquées, a indiqué le ministère dans un communiqué diffusé par l’agence MAP.

Ces prières se réfèrent à un verset du Coran et à des paroles du prophète Mahomet recommandant une prière à « chaque fois que la pluie se fait rare », lit-on dans le texte.

Après cinq années très chaudes et avoir subi, comme toute la planète, l’année la plus chaude en 2020, le Maroc a connu en 2021 des épisodes de canicule extrême. 50° en journée, plus de 30 le soir venu, cet été, un crève-cœur pour les terres. Et novembre, habituellement un peu arrosé, n’a pas apporté sa manne.

Cette situation oblige le pays d’Afrique du Nord à enregistrer un sévère déficit pluviométrique et les réserves des barrages sont au plus bas, avec un taux de remplissage d’à peine 34% vendredi 4 février 2022, contre 46% l’an dernier au même moment, selon les données officielles.

Rationnement de l’eau à Marrakech

Malgré une embellie pour les récoltes en 2021, la sécheresse affecte considérablement l’agriculture marocaine. Le site d’information Medias24 a souligné que la sécheresse a poussé, en janvier 2022, la capitale touristique Marrakech à « strictement » rationner l’eau, en interdisant l’arrosage des pelouses des stades et des parcs en journée.

Des mesures encore plus draconiennes avaient été adoptées en 2020 à Agadir (sud) où l’eau du robinet avait été coupée la nuit. Cette cité touristique abrite la première usine de dessalement d’eau de mer du pays, entrée en service début février 2022 pour combler le déficit en eau potable et l’irrigation de terres agricoles. Sur les 275 000 m3 d’eau dessalée qui peuvent être produits chaque jour, 125 000 sont réservés à l’agriculture.

Selon le ministère marocain de l’Agriculture, la sécheresse devrait augmenter progressivement dans le pays jusqu’en 2050 sous l’effet d’une baisse de la pluviométrie (-11%) et d’une augmentation des températures (+1,3°C). Elle entraînera une « diminution de la disponibilité en eau d’irrigation de plus de 25% », a prédit un rapport du ministère.   

Moctar FICOU / VivAfrik