Ghana : la contestation s’organise pour sauver la forêt d’Achimota

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Au Ghana, la contestation s’organise pour sauver la forêt d’Achimota. Une quinzaine d’associations écologiques et de la société civile manifestent depuis mardi 28 juin 2022 et à nouveau ce mercredi 29 juin 2022 contre une décision du gouvernement de rendre des parcelles situées dans des zones protégées de la réserve forestière aux propriétaires traditionnels. Selon eux, cette décision, amputera près de 400 hectares à la forêt.

C’est une zone de plus de 1 000 hectares, en plein cœur de la capitale Accra. À l’intérieur de la forêt, une réserve qui abrite de nombreuses espèces animales et végétales. En avril, 361 hectares de ce site ont été déclassés pour être donnés à une famille royale de la région qui en revendique la propriété historique.

Cette décision est contestée par Bernard Mornah, membre du collectif Arise Ghana qui regroupe une quinzaine d’ONG : « Nous, les jeunes, pensons que c’est une attaque contre notre environnement. C’est un vol des terres que nos ancêtres nous ont léguées. Finalement, il n’y aura que le président Nana Akufo-Addo et ses copains qui vont en profiter, et le reste de la société ghanéenne va trinquer. »

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est la parution dans la presse d’un testament selon lequel, l’ancien président de la commission forestière, qui était aussi un membre du parti au pouvoir, aurait légué à ses proches des parcelles de cette forêt.

Des « cessions de terres sont illégales et inconstitutionnelles »

Face au tollé, le gouvernement a ouvert une enquête pour corruption en mai, tout en insistant sur le fait que les terres restituées sont publiques et non sur des zones protégées. Jay Jay Koranteng, de l’ONG Occupy Ghana, n’en est pas convaincu. « Nous croyons fermement que les cessions de terres sont illégales et inconstitutionnelles. Si le gouvernement affirme que certaines parcelles sont publiques, il doit fournir un instrument législatif montrant à quel moment dans notre histoire ces terres sont devenues publiques et n’ont donc plus été protégées. » Le collectif a demandé des preuves de déclassement à la commission foncière qui, à ce jour, n’a pas donné suite.

Il y a aussi la crainte que cela ne favorise l’exploitation industrielle dans le seul poumon vert de la capitale ghanéenne.

La forêt d’Achimota n’est pas seulement un excellent puits de carbone permettant à la ville de se réoxygéner, elle joue un rôle essentiel dans l’écoulement de l’eau vers la mer. Nous avons remarqué qu’à mesure que les humains ont empiété sur cette zone écologique sensible, les inondations sont devenues plus fréquentes. Cela a d’énormes répercussions sur les populations pauvres et sur leurs moyens de subsistances. Car les endroits qui sont inondés abritent les plus vulnérables.

Le ministère ghanéen des Terres et de la gestion des ressources naturelles n’a pas répondu à nos sollicitations.

(Avec rfi.fr)