Nations unies : Vera Songwe quitte la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique

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L’économiste camerounaise par ailleurs Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Vera Songwe a présenté sa démission du poste de secrétaire exécutive de cette institution basée à Addis-Abeba, en Ethiopie, préférant de ne pas expliquer les motifs de sa démission ni indiqué sa prochaine destination. Ce poste l’avait également conféré le statut de secrétaire générale adjointe des Nations unies.  

Celle qui a présenté, le 21 août 2022, au cours d’une réunion virtuelle, sa démission au poste de secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a été la cible de critiques en octobre 2021.

Tout est parti de son soutien à la nomination du britannique Matt Hancock au poste de Représentant spécial chargé de l’innovation financière et du changement climatique auprès de la CEA. Dans une pétition, 62 signataires trouvaient « scandaleux » de nommer l’ancien secrétaire d’État britannique à la santé et aux soins sociaux, alors que ce dernier avait été contraint à la démission au sein du gouvernement britannique quelques mois plus tôt. Il avait été filmé par des caméras de sécurité dans son bureau en train de transgresser les règles gouvernementales de distanciation liées à la pandémie de Covid-19, en étreignant une assistante avec qui il entretenait une liaison.

Après quatre jours de polémique qui ont suivi sa nomination au sein de la CEA, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis fin au mandat de l’ancien ministre britannique, désavouant ainsi son adjoint, Vera Songwe.

Selon le communiqué publié par la CEA, Vera Songwe qui était à la tête de cette organisation depuis 2017 est la 9e secrétaire exécutive. Elle avait en bandoulière les idées pour une Afrique prospère. Et elle avait à son actif l’initiative de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Parmi les projets qu’elle a laissés en attente d’exécution figurent ceux liés à l’industrialisation de l’Afrique, à l’impact des changements climatiques sur le développement, à la résilience de l’Afrique face aux pandémies comme la Covid-19 et à la participation du secteur privé. De même, les problématiques liées aux Objectifs de développement durable (ODD) et à l’autonomisation économique des jeunes et des femmes y font partie.

Par ailleurs, entre autres projets réalisés figurent aussi la création, par elle, du centre numérique d’excellence, une source à la demande du conseil technique des pays africains, destiné à l’identification numérique de leurs économies. A cela s’ajoute la création du Fonds d’appui au leadership de la femme africaine, qui constitue un fonds d’impact développé visant à accélérer la croissance des fonds gérés par des femmes en Afrique.

Rappelons qu’Antonio Guterres avait nommé le 13 avril 2017 la Camerounaise au poste de secrétaire exécutive de la CEA, en remplacement du Bissau-Guinéen Carlos Lopes, démissionnaire depuis le 31 octobre 2016. L’économiste camerounaise, âgée à l’époque de 42 ans, avait été choisie parmi 77 candidats. Vera Songwe avait quitté ainsi le groupe de la Banque mondiale qui l’employait depuis 1998.

Avant la Société financière internationale (SFI), Vera Songwe, a assuré entre 2011 et 2015 les fonctions de directrice des opérations de la Banque mondiale pour des pays de l’Afrique de l’Ouest tels que le Sénégal, le Cap Vert, la Gambie, la Guinée Bissau et la Mauritanie.

Moctar FICOU / VivAfrik

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