La Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), organise du 27 au 29 octobre 2026, à Dakar, une formation destinée à 30 jeunes journalistes. L’objectif est de renforcer leurs compétences sur l’approche « Une Seule Santé » (One Health), les pertes post-récolte, le gaspillage alimentaire, la nutrition et le changement climatique, afin d’améliorer la qualité du traitement médiatique de ces enjeux.

La santé humaine, la santé animale, la sécurité alimentaire et la préservation de l’environnement sont étroitement liées. Face aux défis sanitaires et climatiques, la qualité de l’information constitue un levier essentiel pour sensibiliser les populations et éclairer le débat public. C’est dans cette perspective que la CJRS et la FAO ont lancé, mardi 27 octobre 2026, un atelier de renforcement des capacités à la Maison de la Presse Babacar Touré, à Dakar.

Prévue sur trois jours, jusqu’au 29 octobre 2026, cette session s’inscrit dans le cadre du protocole d’accord entre les deux organisations. Elle vise à renforcer les connaissances des journalistes sur les interventions de la FAO au Sénégal et à améliorer leurs productions dans la presse écrite, à la radio, à la télévision et sur les médias numériques.

L’initiative met l’accent sur trois domaines prioritaires : l’approche « Une Seule Santé », les pertes post-récolte et le gaspillage alimentaire, ainsi que l’environnement et le changement climatique. Elle entend encourager un journalisme fondé sur des faits vérifiés, capable de valoriser les solutions et de mieux expliquer les défis auxquels les populations sont confrontées.

One Health : rapprocher santé humaine, animale et environnementale

La formation consacrée à l’approche « Une Seule Santé » a été animée par le docteur vétérinaire Alpha Amadou Diallo, de la FAO. Cette approche repose sur le principe selon lequel la santé humaine est indissociable de celle des animaux et de l’environnement.

Les participants ont approfondi les concepts clés de cette démarche, les risques sanitaires et les réponses à apporter. Le formateur a également présenté les données disponibles, les acteurs concernés, les politiques publiques et des exemples concrets permettant de mieux comprendre les interactions entre ces différentes dimensions.

Pour les journalistes, l’enjeu consiste à dépasser une approche exclusivement médicale des questions sanitaires. Les conditions d’élevage, les risques de transmission de maladies entre animaux et humains, la sécurité alimentaire et les changements environnementaux peuvent en effet être abordés dans une perspective globale.

La session a également mis l’accent sur les sources d’information fiables, les angles journalistiques pertinents, la vérification des données et le respect de l’éthique professionnelle. Les jeunes reporters ont partagé leurs expériences et les difficultés rencontrées dans le traitement des sujets sanitaires.

L’objectif est de leur permettre de produire des contenus précis et accessibles, tout en évitant les informations insuffisamment vérifiées susceptibles d’alimenter la confusion ou les inquiétudes au sein de la population.

La FAO souligne le rôle stratégique des médias

S’exprimant au nom de la représentante de la FAO au Sénégal et coordinatrice sous-régionale pour l’Afrique de l’Ouest, le chef d’équipe de l’unité Santé et production animale de la FAO Sénégal, le docteur Ahmadou Tidiane Niang, a insisté sur l’importance de l’information dans les domaines agricole, alimentaire, sanitaire et environnemental.

« L’agriculture, l’alimentation, la gestion des ressources naturelles, le changement climatique, la santé animale et humaine ou encore la nutrition ne sont plus des questions réservées aux seuls spécialistes », a-t-il déclaré.

Selon lui, ces enjeux concernent directement les populations, les économies et les ressources naturelles. Leur traitement médiatique devient particulièrement important dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la pression sur les ressources naturelles, les risques sanitaires émergents et les défis de la sécurité alimentaire.

« L’accès à une information crédible, rigoureuse et accessible devient plus que jamais une nécessité », a-t-il souligné.

Le responsable de la FAO a rappelé que les médias jouent un rôle déterminant dans la sensibilisation des communautés, l’éclairage du débat public et la valorisation des innovations. Ils permettent également de donner davantage de visibilité aux producteurs, aux femmes, aux jeunes ruraux, aux pêcheurs et aux éleveurs, dont les activités contribuent à la transformation des systèmes agroalimentaires.

À travers son partenariat avec la CJRS, la FAO souhaite favoriser une meilleure collaboration entre ses experts techniques et les professionnels de l’information.

« Notre ambition est simple : permettre à une nouvelle génération de journalistes de mieux comprendre les enjeux du développement agricole et durable afin de les traduire en récits accessibles, pertinents et utiles aux citoyens », a expliqué le docteur Niang.

Pertes post-récolte et gaspillage alimentaire : des défis pour la sécurité alimentaire

Les pertes post-récolte et le gaspillage alimentaire constituent le deuxième axe majeur de la formation. Ces phénomènes réduisent la quantité de denrées disponibles pour la consommation et peuvent affecter les revenus des producteurs, tout en entraînant une utilisation inefficace des ressources mobilisées pour la production agricole.

Les pertes peuvent survenir au stockage, pendant le transport, la transformation ou la commercialisation. Le gaspillage alimentaire concerne, quant à lui, les denrées perdues ou écartées au cours de la distribution et de la consommation.

Le traitement journalistique de ces questions nécessite d’examiner leurs causes, les contraintes rencontrées par les producteurs et les commerçants, ainsi que les solutions permettant d’améliorer la conservation et la valorisation des récoltes.

La formation vise également à mieux expliquer les liens entre les chaînes de valeur agricoles, l’accès aux aliments nutritifs et la qualité de l’alimentation des populations. Les journalistes sont ainsi encouragés à privilégier des contenus documentés mettant en évidence les bonnes pratiques et les initiatives susceptibles de renforcer la sécurité alimentaire.

Changement climatique et environnement : mieux informer sur les solutions

Le troisième volet porte sur l’environnement et le changement climatique. Ces questions influencent les activités agricoles, la disponibilité des ressources naturelles et les moyens de subsistance des communautés rurales.

Les journalistes sont appelés à mieux expliquer les conséquences de ces phénomènes, mais aussi à valoriser les stratégies d’adaptation et les innovations contribuant à renforcer la résilience des populations.

En réunissant la santé, l’agriculture, la nutrition et le climat dans un même programme, la CJRS et la FAO encouragent une approche transversale du journalisme consacré au développement durable.

Ces domaines sont étroitement liés et nécessitent une information capable de rendre leurs interactions compréhensibles pour le grand public.

Trente journalistes outillés pour des productions de qualité

À l’ouverture des travaux, le président de la CJRS, Mamadou Diagne, a invité les bénéficiaires à tirer pleinement profit des trois journées d’échanges avec les experts de la FAO.

La formation concerne 30 journalistes et reporters membres de la convention. Elle doit leur permettre d’acquérir des connaissances techniques et des outils pratiques pour réaliser des articles, des reportages, des émissions et des contenus numériques sur les questions agricoles, alimentaires et environnementales.

Des visites de terrain sont également prévues afin de rapprocher les participants des réalités professionnelles et de favoriser les échanges avec les acteurs concernés.

Le docteur Ahmadou Tidiane Niang a souhaité que ce partenariat se poursuive à travers de nouvelles formations, des visites de terrain, des productions médiatiques et des espaces de dialogue entre les médias et les acteurs du développement agricole.

En renforçant les capacités de ces jeunes journalistes, la CJRS et la FAO ambitionnent de promouvoir un journalisme plus rigoureux sur la santé globale, la nutrition, la sécurité alimentaire et le changement climatique au Sénégal. L’objectif est de mieux informer les citoyens, de valoriser les solutions existantes et de contribuer à une transformation durable des systèmes agroalimentaires.

Moctar FICOU / VivAfrik