L’Afrique est «très vulnérable aux changements climatiques» selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

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Bien que faible émetteur de gaz à effet de serre, le continent africain est confronté aux impacts des changements climatiques en raison de la faiblesse des institutions des catastrophes et des conflits complexes, a révélé lematin.ma hier et lu par vivafrik.com.

Face aux risques naturels induits par les changements climatiques, l’Afrique est «très vulnérable» et arrive juste derrière les États insulaires jugés «particulièrement vulnérables» dans le classement du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat relevant des Nations unies.

L’Afrique est «très vulnérable aux changements climatiques et à la variabilité du climat à cause d’une pauvreté endémique, de la faiblesse de ses institutions et des catastrophes et conflits complexes (…) Les récoltes pourraient diminuer de 50% d’ici à 2020 dans certains pays et de grandes régions où l’agriculture est marginale risquent de devoir abandonner toute production (…) À l’horizon 2080, la surface des terres arides ou semi-arides se sera sans doute accrue de 5 à 8%». Ce sévère constat est dressé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) relevant des Nations unies qui met les États insulaires en tête de classement de vulnérabilité face aux changements climatiques. Pour les scientifiques du Giec, «le réchauffement du système climatique mondial est indiscutable» et pour causes les modifications observées dans la concentration dans l’atmosphère des gaz à effet de serre (Ges), dans la réduction du pourcentage des terres recouvertes (du fait de l’urbanisation) et dans l’augmentation des radiations solaires qui altèrent l’équilibre énergétique du système climatique. «La plus forte hausse de ces émissions Ges entre 1970 et 2004 a été due aux activités de production d’énergie, de transport et à l’industrie, tandis que les secteurs de la construction d’immeubles résidentiels et commerciaux, des forêts et de l’agriculture ont connu eux aussi une augmentation de leurs émissions, mais à un rythme moindre (…) La poursuite des émissions de Ges au rythme actuel ou à un rythme plus élevé devrait accentuer le réchauffement et modifier profondément le système climatique au XXIe siècle», peut-on lire dans le portail électronique de l’Organisation des Nations unies (Onu)-climat. Selon ce dernier, il existerait un potentiel économique appréciable d’atténuation des émissions de Ges pour les prochaines décennies, qui pourrait neutraliser la hausse prévue de ces émissions ou les ramener sous les niveaux actuels.

À ce sujet, le Maroc, qui accueillera le sommet mondial sur le climat en 2016, s’engage à réduire de 13% ses émissions en 2030. L’effort financier estimé à 10 milliards de dollars, sera pris en charge par le Royaume qui est prêt à une réduction additionnelle de 19%, d’un coût évalué à 35 milliards de dollars, à la faveur d’un appui international, ce qui aboutirait à un effort de réduction de 32% au total à l’horizon 2030.

Moctar FICOU / VivAfrik