El Niño dicte sa loi à l’agriculture en Afrique australe

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Le phénomène climatique El Niño perturbe le sommeil des agriculteurs en Afrique australe. Caractérisé par une sécheresse exacerbée, il agit négativement sur l’agriculture de cette partie menaçant du coup sa sécurité alimentaire, a rapporté hier usinenouvelle.com et visité par vivafrik.com

« El Niño aura un impact dévastateur sur les récoltes et la sécurité alimentaire en Afrique australe », a alerté l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao). La région souffre de déficits hydriques, le Zimbabwe, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Malawi, Madagascar et le Botswana enregistrant, depuis le début de la campagne 2015-2016, leurs plus faibles niveaux de précipitations en l’espace de 35 ans. En Afrique du Sud, la production de maïs chuterait de 25% par rapport à la campagne 2014-2015, à 7,1 millions de tonnes, et de 36% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le phénomène climatique El Niño actuellement en cours, annoncé comme un des plus importants depuis celui survenu en 1997-98, modifie les volumes de précipitations, le régime des vents et la température de l’eau dans les zones tropicales et subtropicales du Pacifique. Selon les régions du globe, il déclenche de fortes pluies – c’est le cas en Equateur, au Pérou et en Argentine – ou, au contraire, contribue à exacerber des épisodes de sécheresse – par exemple en Inde, en Afrique australe ou dans le nord-est du Brésil.

A cause d’El Niño, la campagne agricole 2014-2015 été la pire. Une idée confirmée par starafrica.com qui, dans sa livraison du 13 février dernier, indique qu’ « avec une mauvaise récolte 2014-2015, un début de campagne extrêmement sec (octobre à décembre) et la poursuite escomptée de conditions plus chaudes et arides que la moyenne jusqu’à mi-2016, tout laisse à penser que les pertes de récoltes seront considérables à l’échelle régionale ». Selon usinenouvelle.com « l’impact négatif d’El Niño sur l’agriculture en Afrique australe aggrave une situation déjà compliquée ». Lors de la même campagne 2014-2015, la production céréalière avait reculé de 23% dans la région, sous l’effet d’un temps sec et chaud. Les stocks ont fondu. D’après les chiffres de la Communauté de développement de l’Afrique australe, 14 millions de personnes étaient déjà, avant la survenue d’El Niño, en proie à l’insécurité alimentaire, dont 2,5 millions en situation de crise. La Fao appelle, dans ce contexte, à déclencher immédiatement une assistance supplémentaire auprès des ménages souffrant d’insécurité alimentaire, ainsi qu’à une prise de conscience générale sur la nécessité d’œuvrer, à l’échelle de la région, pour prévenir les effets d’une sécheresse toujours plus fréquente et toujours plus intense. La programmation et le ciblage des moyens constituent, à cet effet, les maîtres-mots des priorités définies par l’institution.

Moctar FICOU / VivAfrik   

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