La Côte d’Ivoire et la BAD mobilisent 9,4 milliards FCFA pour des filières mangue et ananas

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Le gouvernement de la Côte d’Ivoire, appuyé par la Banque africaine de développement (BAD), a mobilisé un montant de 9,4 milliards de franc CFA afin de financer l’industrialisation des filières mangue et ananas. Cet investissement entre dans le cadre du plan de transformation locale de la moitié de la production agricole ivoirienne.

Cette initiative des autorités ivoiriennes est une réponse aux nombreuses difficultés que rencontrent les producteurs d’ananas et de mangues. Rappelons que la culture de l’ananas, encore importante en Côte d’Ivoire, fait face à une chute de ses revenus ce qui a déjà poussé plusieurs producteurs à jeter l’éponge pour planter des parcelles de palmier à huile et d’hévéa.

Le défi majeur est donc de trouver des débouchés de commercialisation de la production. Ainsi, dans la région de Bonoua, située à plus de 70 kilomètres d’Abidjan et où s’étalent les champs d’ananas, ce plan de transformation locale suscite un grand espoir. « Nous pensons que si on nous soutient, on pourra améliorer la qualité de notre exploitation. Notre production est destinée à l’exportation mais il y a plusieurs aléas qui entrent en jeu. Si on avait des unités de transformation sur place, je pense qu’on pourrait mieux valoriser nos cultures », a expliqué Aboubacar Traoré, président de la coopérative des producteurs.

« La difficulté, c’est la commercialisation. Pour notre part, nous vendons uniquement sur le marché local. Pour exporter c’est compliqué. Il faut un financement pour le secteur de l’ananas. Des subventions et des implantations d’usines seraient les bienvenues. Avoir une unité de production sur place à Bonoua va permettre aux enfants de travailler et nous serons plus à l’aise pour écouler nos produits », a pour sa part soutenu Louis Aboa, producteur d’ananas.

Le principal objectif visé par les ivoiriens est de promouvoir le made in Côte d »Ivoire. Mais une partie de la production d’ananas de Bonoua est aujourd’hui transformée à Abidjan par la société ATOU, spécialisée dans la fabrication jus de fruits.

De l’avis de Jérôme Konan, chef d’approvisionnement, la part de la transformation locale reste minoritaire par rapport à l’ensemble de la production. « En termes de production nationale d’ananas, nous sommes aujourd’hui à environ 30.000 tonnes par an et nous avons prévu d’en transformer 6.000 tonnes. Pour la mangue, la production est estimée à 100.000 tonnes et nous allons en transformer 500 tonnes. Nous voulons promouvoir les produits ivoiriens, tout ce qui vient de notre terre. Nous voulons transformer pour donner du travail à la jeunesse et aux planteurs », a-t-il indiqué.

A signaler qu’à Bonoua, une usine de transformation est en construction à la sortie de ville. Mais aucune information n’est disponible sur la date de fin des travaux, la future capacité de production de l’usine ou le nombre d’emplois qui seront créés. Le gouvernement ivoirien promeut l’accord signé avec la BAD à travers une grande campagne médiatique. Pour le moment, sur le terrain, les résultats sont peu visibles. Les producteurs de Bonoua espèrent que ce projet d’industrialisation se soldera par des résultats concrets et une amélioration de leur niveau de vie.

Moctar FICOU / VivAfrik                 

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