Plus de 10 M€ prêtés pour des projets d’énergie renouvelable en Afrique sur Lendosphere

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Des projets de 3 MW à 36 MW dans 6 pays africains                              

Avec 17 projets financés et 10,5 M€ investis par plus de 2.000 internautes depuis 2015, Lendosphere s’engage avec les développeurs d’énergies renouvelables pour l’électrification du continent africain de façon soutenable et cohérente. Au total, ces projets ont déjà servi plus de 760 000€ d’intérêts.  Fondée en 2014, Lendosphere s’est rapidement engagée aux côtés de développeurs tels qu’InnoVent et Sunna Design pour le développement des énergies renouvelables en Afrique. Depuis 2015, la plateforme de financement participatif a mis en ligne 17 collectes, représentant 10.507.700 € investis par 2.286 prêteurs pour des projets solaires et éoliens installés en Afrique. Maroc, Namibie, Sénégal, Bénin, et plus récemment Tchad et Comores, Lendosphere a accompagné des centrales solaires de 3 MWc à 20 MWc, des fermes éoliennes de 5 MW à 36 MW, et un projet de mini-grid reposant sur des lampadaires solaires. Ces projets fournissent de l’énergie compétitive à des pays en situation de dépendance énergétique, où l’empreinte carbone de l’électricité est immense, tout en apportant une réelle amélioration des conditions de vie au niveau local par l’accès à l’énergie et à la formation d’équipes sur le terrain. Grâce au financement participatif, ils font l’objet d’une sensibilisation importante sur les enjeux des énergies renouvelables en Afrique auprès des épargnants français, tout en les associant à leurs retombées économiques, explique tecsol.blogs.com.

760 000 € d’intérêts versés

Ces collectes, dont les objectifs ont été compris entre 50.000 € et 2 M€, ont toutes été clôturées avec succès et souvent déplafonnées pour répondre à l’engouement des prêteurs. Elles ont proposé des taux compris entre 4,5% et 6%, et des durées de prêt comprises entre 3 ans et 5 ans. Les prêteurs ont d’ores et déjà commencé à percevoir des remboursements : à ce jour, 760.000 € d’intérêts leur ont été versés et 6,8 M€ de capital ont été remboursés. Côté responsabilité, c’est la société française qui emprunte : c’est donc elle qui prend le risque du pays et du projet. Le Tchad est considéré comme l’un des pays les plus vulnérables aux effets du réchauffement climatique en raison d’une situation d’extrême pauvreté (63% de la population est considérée “sans ressources”), de conflits répétés, d’infrastructures insuffisantes, de dépendance au cours du pétrole, de démographie, etc. Seuls 8 % de la population a accès à l’électricité. Le gouvernement a entrepris des réformes en 2018 visant un taux d’accès à l’électricité de 53 % dans le pays d’ici à 2030 et un objectif de 20% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique, ajoute la même source.

Jane Wangari Lenny à l’assaut des énergies vertes au Kenya

REPORTAGE. Cette entrepreneuse kényane mise sur l’énergie biomasse pour sortir de la dépendance au charbon de bois, et lutter contre la déforestation d’un poumon vert est africain. Jane Wangari Lenny connaît la route entre Nairobi et Mai Mahiu comme sa poche. Les forêts d’eucalyptus, le flanc montagneux où des babouins s’emploient précautionneusement à traverser la chaussée, puis les escarpements de la vallée du Grand Rift qui dégringolent vers d’immenses plaines… Chaque matin ou presque, l’entrepreneuse de 34 ans en énergies renouvelables parcourt ce trajet d’une cinquantaine de kilomètres pour rejoindre sa fabrique de briquettes de biomasse. « On a choisi cet endroit, car c’est très venté et sec », dit-elle en arrivant sur un terrain aride cerclé de montagnes. Un climat idéal pour le séchage naturel des déchets végétaux que collecte et transforme son entreprise, LeJan Energy Limited. Bagasses (résidus des tiges de canne à sucre), enveloppes de grains de café, coques de noix de macadamia… Ici, ces matières sont compactées en briquettes à haute valeur calorifique, très prisées par les industries de la place dont les chaudières tournent plutôt au charbon… LeJan Energy leur en livre en moyenne 600 tonnes chaque mois, indique lepoint.fr.

Coup de pouce à l’atténuation des émissions de CO2

Au plan environnemental, l’utilisation de briquettes de biomasse contribue à la préservation des forêts. Le Kenya a beau être fer de lance dans les énergies renouvelables pour l’approvisionnement en électricité (elles constituent plus de 70 % du mix énergétique), le charbon de bois reste prisé dans l’industrie, en particulier dans la transformation du thé noir, tandis que plus des trois quarts des ménages l’utilisent pour la cuisine. Des facteurs majeurs de la déforestation. Entre 2000 et 2010, 5 000 hectares de forêt ont disparu en moyenne chaque année selon l’ONU environnement dans les cinq grandes forêts – et châteaux d’eau naturels – du pays. Alors que l’objectif est de ramener le couvert forestier de 7,4 % à 10 % du territoire, LeJan Energy estime qu’une tonne de briquettes produite sauve 25 arbres, et favorise de fait l’atténuation des gaz à effet de serre. Protéger la forêt kényane : cet impératif résonne avec le combat de la fondatrice du Mouvement de la ceinture verte et prix Nobel de la paix Wangari Maathai. Grâce à sa ténacité, plus de 50 millions d’arbres ont été plantés en quarante ans. Un héritage dont Jane Wangari Lenny se dit « fière » et qu’elle perpétue à sa façon. Comme l’activiste environnementale décédée en 2011, avec qui elle partage une partie du nom (Wangari signifie « léopard » en kikuyu), elle incite les femmes des communautés rurales à planter des arbres. Mais elle met surtout un point d’honneur à appuyer la jeunesse. Sur les 35 emplois créés par son entreprise, 100 % ont été attribués à des jeunes (dont 70 % de femmes) « essentiellement issus de régions marginalisées, sans diplômes et sans accès au marché du travail ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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