Coronavirus : en Sierra Leone, une interdiction de pêche provoque une émeute au port de Tombo

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Interdiction des sorties en mer, chute des marchés à l’export : la pêche, secteur économique essentiel en Afrique de l’Ouest, subit elle aussi les effets de la crise épidémique.15 bateaux seulement ont été autorisés à prendre la mer sur les 400 que compte le port de Tombo, au sud de Freetown la capitale de la Sierra Leone. La réaction a été rapide et brutale. Des pêcheurs en colère ont détruit mercredi 6 mai un poste de police, un centre de santé et la maison du chef de la communauté de la ville.Officiellement, la mesure a été prise pour éviter l’affluence des acheteurs lors du retour des bateaux. Un attroupement qui serait trop favorable à la propagation du coronavirus, selon les autorités. Mais après trois jours de strict confinement, limiter la pêche était la décision de trop pour les pêcheurs. Près de 400 bateaux sont enregistrés à Tombo, ce qui représente mille marins embarqués et en aval, des centaines d’emplois féminins dans la conserverie.La pêche ici est vitale, comme dans la plupart des pays de la côte atlantique ouest-africaine. Or, tous ces pays souffrent déjà de la surpêche des bateaux industriels, souvent chinois. L’épidémie, perturbant le secteur, est un fardeau de plus à porter, celui de trop.Car pêcher du poisson est une chose, le vendre en est une autre. Pour le Sénégal, leader dans le secteur, la fermeture des frontières et de l’espace aérien bloquent les exportations. Les usines de mareyage n’achètent plus et les pêcheurs artisanaux sont les premiers touchés. Ce sont eux qui assurent les trois quarts de l’approvisionnement.Faute de ventes, les bateaux restent à quai, et les marins n’ont plus de revenus. La pêche au Sénégal représente 600 000 emplois directs et indirects, auxquels il faut ajouter une multitude de petits boulots informels. Elle contribue à 16% des exportations du pays, explique le journal Le Monde, lit-on à francetvinfo.fr.

La pêche nourrit la population

Le poisson est aussi un apport essentiel en protéines animales pour les habitants de ces régions maritimes. En Mauritanie, autre grand acteur de la filière, le poisson qui ne trouve plus de débouchés à l’exportation est destiné à la consommation locale. Un stock de 20 000 tonnes a été constitué. « Des contributions volontaires des opérateurs du secteur de la pêche au stock alimentaire de poisson avant sa distribution gratuite aux citoyens », explique le ministère de la Pêche. En échange, les pêcheurs artisanaux bénéficient d’exonération d’impôts et de taxes pour l’année 2020. 300 tonnes de poissons ont déjà été distribuées à 20 000 familles à Nouakchott, la capitale, affirme le ministère. Pour tous les pêcheurs de ces pays, demeure une inconnue : comment se passera la sortie de crise ? Avec la reprise de l’activité économique, tous craignent une razzia des bateaux usines étrangers dans leurs eaux poissonneuses déjà victimes de la surpêche. Or, le Sénégal projette d’attribuer d’ici peu une cinquantaine de nouvelles licences à des navires turcs et chinois. Une « forfaiture » aux yeux de la profession sénégalaise, ajoute la même source.

Évaluer l’impact du phénomène El Niño sur la pêche et l’aquaculture à travers le monde

Une nouvelle étude révèle que le phénomène El Niño, dont les répercussions peuvent être très importantes sur la météorologie et sur la pêche, varie fortement suivant cinq types distincts. Des ressources importantes sont investies afin de fournir des prévisions saisonnières et de mettre en place des systèmes d’alerte précoce pour maintenir la sécurité alimentaire, mais l’impact réel du phénomène El Niño sur les secteurs de la pêche et de l’aquaculture reste plutôt mal connu et ce, bien que ce nom lui fut donné dès 1600 par des pêcheurs péruviens. Pour pallier cela, la FAO publie, en partenariat avec l’IRD, le rapport intitulé Les répercussions de l’oscillation australe El Niño sur les pêches et l’aquaculture. Il fait le point sur les connaissances acquises jusqu’à présent sur le phénomène El Niño et sur ses répercussions sur différents secteurs, tels que la sécurité alimentaire, la sécurité en mer, la biologie des ressources marines, les opérations de pêche, l’aquaculture ou encore les mesures de gestion et d’adaptation. El Niño est un phénomène climatique originaire de l’Océan Pacifique mais dont les ravages maritimes et terrestres s’étendent globalement. Le phénomène est particulièrement destructeur et entraîne souvent des sécheresses et des baisses de rendements agricoles sur le continent africain, mais aussi en Indonésie, en Australie (où il génère des feux de forêts) ou en Amérique du Sud (où il est responsable de graves inondations). Certains passages du phénomène El Niño ont déclenché des changements radicaux au sein de nombreuses sociétés et notamment au sein des civilisations précolombiennes. Les événements El Niño sont souvent décrits de façon simplifiée en deux phases principales : une phase de réchauffement anormal dans le centre et à l’Est de l’océan Pacifique équatorial et, à l’opposé de celle-ci, une phase de refroidissement (appelée La Niña), renseigne iybssd2022.org.

Moctar FICOU / VivAfrik

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