Sénégal : l’UCAD abrite un séminaire universitaire ouest-africain sur la conservation des tortues marines

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Après le lancement du projet régional « Survie des tortues marines » (STM) en Afrique de l’ouest par le Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’Ouest (PRCM) et ses partenaires le 16 juin 2020 lors de la célébration de la Journée mondiale des tortues marines, le PRCM organise un séminaire universitaire sur la conservation de ces espèces à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), sise dans la capitale sénégalaise du mardi 27 au jeudi 29 juillet 2021 avec une sortie de terrain sur l’Aire marine protégée (AMP) de joal-Fadiouth le vendredi 30 juillet 2021.

Parmi les sept espèces de tortues marines au monde, six sont présentes en Afrique de l’ouest. On y trouve trois sites d’importance mondiale pour la reproduction et la survie de ces espèces notamment au Parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie, à l’Aires marines protégées de Poilão et Orango, dans l’archipel des Bijagos en Guinée Bissau et dans la Reserva natural da Tartaruga au Cabo Verde, a rappelé le Dr Cheibani Senhoury, Conseiller technique du directeur du Parc national du Banc d’Arguin (PNBA).

« L’Afrique de l’ouest, dont le Sénégal, abrite d’importantes populations de tortues marines dans un contexte mondial, et ce groupe d’animaux représente un grand atout de biodiversité pour la conservation marine dans la région. Les tortues de mer sont particulièrement sensibles au développement côtier, à la pêche et au changement climatique, et peuvent être utilisées comme espèces phares pour le suivi, la planification et la conservation du milieu marin », a signalé Ibrahima Guèye, Coordonnateur du programme écosystème-espèce et société du littoral ouest-africain au niveau du PRCM.

Malgré quelques initiatives de conservation intéressantes, les tortues de mer restent peu connues et étudiées au Sénégal. Il existe une opportunité pour les étudiants et les chercheurs de ce pays de développer une expertise et des projets liés à la recherche et à la gestion de ces animaux spéciaux.

Le PRCM à travers une convention de collaboration avec l’ISPA, et en partenariat avec le Master Chaire Unesco-GIDEL de l’Université Cheikh Anta Diop, organise un séminaire sur les tortues marines. Ce séminaire pourrait déboucher, avec cette première expérience sur la mise en place d’un cours sous la forme d’un MOOC entre l’ISAP, la Chaire Unesco sur la Gestion intégrée et Développement durable du littoral ouest africain, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et le PRCM (Chaire Unesco – GIDEL/UCAD et PRCM), a ajouté l’ingénieur agronome Sénégalais.

A l’instar de plusieurs espèces de faunes et de flores, ces tortues marines sont menacées d’extinction. C’est ce qui fait dire au Dr Senhoury que « toutes ces espèces sont classées sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cette liste est un indicateur qui permet dire que l’espèce est en danger ».

« Classées comme des espèces menacées ou en danger sur la liste Rouge de l’UICN, ces tortues marines luttent pour leur survie contre des menaces anthropogéniques. Les principales menaces auxquelles elles sont exposées dans la région ouest africaine, sont, entre autres, les captures accidentelles, la collecte des œufs, le braconnage, la dégradation des habitats et la perte des plages de ponte », lit-on dans un document transmis à la presse.

Une situation qui a aujourd’hui inspiré pas mal de réflexions des chercheurs. « Il n’est pas simple de préserver les tortues marines, vue leur distribution étendue en milieu marin. Le développement du littoral, les répercussions de la pêche artisanale et semi-industrielle, la pollution marine et les pathogènes mettent les tortues marines à l’épreuve de leur survie », relate-t-on dans le document.

Suffisant les spécialistes de la conservation d’adopter une approche stratégique en sélectionnant les priorités et en trouvant un équilibre entre les réponses réactives et proactives, vérifier constamment les avancées et réorienter les efforts en fonction des nouvelles informations disponibles.

Ainsi, dans le cadre de la stratégie 2016-2022 du programme Afrique de l’ouest de la Fondation MAVA et en appui à certains plans d’action de cette stratégie, notamment le plan d’action n°1 portant sur la conservation des tortues marines, le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone Côtière et Marine en Afrique de l’ouest met en œuvre le Projet « Survie des Tortues Marines ».

Se prononçant sur l’objectif global du séminaire universitaire consacré à la conservation des tortues marines, le Conseiller technique du directeur du Parc national du Banc d’Arguin indique que cet événement vise globalement à contribuer à une meilleure compréhension de la problématique de conservation des tortues marines.

De manière spécifique, il s’agit, selon lui, de partager des connaissances générales sur les tortues marines avec le milieu universitaire du Sénégal ; d’initier des échanges interuniversitaires entre l’ISPA, l’Université Cheikh Anta Diop à travers le Master Chaire Unesco-GIDEL ; mettre à la disposition des étudiants du Master GIDEL et des gestionnaires de sites protégés du Sénégal, des informations et outils importants pour la conservation des tortues marines au Sénégal et d’initier le processus intégratif d’enseignements universitaires et de recherche sur les tortues marines au Sénégal.

Au sortir de ce séminaire, le PRCM compte mettre en places des modules d’enseignements sur les tortues marines (biologie, changements climatiques et tortues marines, reproduction et écologie spatiale etc.) et les mettre plus tard à la disposition de la communauté universitaire ; Identifier des pistes de collaboration scientifique entre l’ISPA, le Master Chaire Unesco-GIDEL/UCAD, le PRCM et les institutions en charge de la conservation des tortues marines au Sénégal et l’élaboration d’un plan de travail pour la mise en place d’un MOOC sur les tortues marines par le PRCM, l’ISPA, la Chaire Unesco-GIDEL/UCAD et le ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), a conclu le document transmis à la presse lors de la cérémonie de lancement de cette rencontre de haute portée.

Moctar FICOU / VivAfrik    

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