Vers la création d’un fonds souverain adossé à la manne gazière au Mozambique

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Le président mozambicain qui s’exprimait mercredi 12 janvier 2020 lors de la cérémonie d’investiture à son deuxième mandat a soutenu que son gouvernement souhaitait créer un fonds souverain destiné à investir dans l’économie du pays les revenus à venir de l’exploitation de ses immenses réserves gazières.

« Nous envisageons la création, cette année, d’un fonds souverain pour financer les efforts de diversification de l’économie (…) et qui pourra servir aux générations futures », avait laissé entendre Filipe Nyusi.

La même année, Maputo avait publié une proposition de modèle pour un fonds souverain lié aux futurs revenus gaziers du pays. Selon le document,  le fonds sera géré par le ministère de l’Economie et des Finances. Si le rêve du chef de l’Etat mozambicain n’est pas encore réalisé, le projet de création de ce fonds souverain occupe de nouveau les débats.   

Dans une entrevue accordée jeudi 21 avril 2022 à la presse américaine, le ministre mozambicain des Finances, Max Tonela est revenu sur ce sujet déclarant que le projet de fonds souverain adossé à la manne gazière, d’une valeur de 96 milliards de dollars, devrait être lancé dans le courant de l’année.

« Les autorités compétentes finalisent le projet de loi qui régira la gestion du fonds […]. Nous devons nous assurer que la gouvernance du fonds est suffisamment solide et nous espérons qu’il sera opérationnel avant que les premières exportations de Gaz naturel liquéfié (GNL) ne commencent en octobre (2022), à partir d’un projet offshore développé par Eni », a confié M. Tonela.

Le fonds aura pour fonction de constituer une épargne et de contribuer à la stabilité fiscale lorsque les prix des matières premières fluctueront. Ainsi, la moitié des recettes publiques devrait aller au fonds et le reste au budget du gouvernement pendant les deux premières décennies de production de GNL, a précisé l’Etat mozambicain.

Contrairement au projet Mozambique LNG de TotalEnergies, le projet de liquéfaction de gaz d’Eni dans le pays n’est pas exposé aux risques de terrorisme, car il est situé en offshore. Cela a permis à la compagnie italienne d’hydrocarbures de développer normalement son projet, Coral South FLNG. Il produira 3,4 millions de tonnes de GNL par an.

Moctar FICOU / VivAfrik