La pêche INN fait perdre à l’Afrique de l’Ouest environ 2,5 milliards de dollars par an

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L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a fait valoir que la Pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) a contraint les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à perdre des montants énormes. Le secteur de la pêche est très bouleversé, depuis quelques années, à cause de beaucoup de problèmes dont certains sont dénoncés par les acteurs de la pêche. Le plus saillant reste sans doute la « pêche INN ».

La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) fait perdre à la région ouest-africaine environ 2,5 milliards de dollars par an. C’est ce qu’a révélé jeudi 28 avril 2022 Paula Anton, responsable de la pêche et de l’aquaculture au bureau régional de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture à Dakar.

« La région ouest-africaine perd, chaque année, environ 2,5 milliards de dollars à cause de la pêche INN qui, contribuant à la pauvreté, est en train de réduire tous les efforts dans la gestion des ressources halieutiques », a-t-elle expliqué.

La ressource halieutique se raréfie de jour en jour. Les consommateurs de poissons et de fruits de mer restent toujours dans l’espoir de retrouver leurs aliments favoris disponibles dans les différents marchés du pays. Le Sénégal n’est pas le seul pays concerné. Selon un fonctionnaire à la FAO, « il y a des estimations qui disent que 2,5 milliards de dollars sont perdus par les pays à cause de cette pêche illicite non-déclarée, non-réglementée. C’est beaucoup d’argent. C’est peut-être le budget de plusieurs pays de la CEDEAO réunis », a pour sa part confirmé Ndiaga Guèye.   

Mme Anton s’exprimait lors de la deuxième réunion du comité de pilotage du cadre stratégique ainsi que du plan d’action de lutte contre la pêche INN, coïncidant avec un atelier des parties prenantes qui se tiennent à Somone (Mbour.                  

Les deux rencontres sont organisées à l’initiative de la FAO, sur le thème : « Renforcer les mécanismes régionaux de coordination pour combattre la pêche INN en Afrique de l’Ouest ».

Suffisant pour Paula Anton d’exhorter en ces termes. « On doit considérer la pêche INN comme un sujet prioritaire, puisque les ressources halieutiques n’ayant pas de frontière, les pays doivent travailler en synergie, notamment au niveau régional. Il faut renforcer la coordination pour la lutte contre la pêche INN, afin d’éviter les doublons dans les stratégies de lutte ».

En Afrique de l’Ouest, la pêche est une activité extrêmement importante au triple plan économique, social et culturel, a déclaré Ndiaga Guèye, fonctionnaire principal chargé des pêches et de l’aquaculture au bureau régional de la FAO pour l’Afrique, à Accra, au Ghana.

« Malheureusement, ce secteur est confronté à d’énormes difficultés et à de graves menaces. Et l’une des menaces les plus importantes, c’est la pêche INN, qui est véritablement un fléau dans la sous-région ouest-africaine », a relevé M. Guèye.

D’après lui, depuis de longues années, les Etats ont tout fait pour combattre ce fléau avec leurs moyens qui sont, en réalité, les moyens d’un pays en développement. « On a pensé que si on veut rester simplement à l’échelle nationale, on ne va pas y arriver. Il faut donc mutualiser nos moyens à travers la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », a estimé Ndiaga Guèye.

Il signale que dans ce cadre, la FAO a apporté un soutien dans le cadre d’un projet de coopération technique. D’un montant de 300 mille dollars, ce soutien a été financé sur fonds propres, afin de cerner les véritables enjeux de ce fléau et la manière d’en venir à bout.

« Nous avons, avec la CEDEAO, fini de définir un cadre harmonisé que nous allons valider aujourd’hui. Ce cadre harmonisé va permettre, au moins, d’avoir une feuille de route ; les Etats auront ainsi une vision claire d’où il faut aller pour renforcer la lutte contre la pêche INN », a souligné le fonctionnaire principal de la FAO.

Il estime qu’il ne suffit pas seulement d’avoir une politique sur les papiers, mais il faut aussi la rendre opérationnelle en mobilisant des moyens financiers et humains plus importants.

Dans la foulée, rappelle le représentant de la FAO, « il ne suffit pas d’avoir une politique sur les papiers, mais il faut aussi les rendre opérationnelles, en mobilisant des moyens économiques, financiers et humains plus importants, et ensuite aller vers un grand projet que la FAO avec la CEDEAO vont réaliser ».              

Moctar FICOU / VivAfrik